Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2415754
mardi 14 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2415754 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 novembre et 10 décembre 2024, Mme B, représentée par Me Peiffer-Devonec, demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer afin de lui remettre une nouvelle autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de huit jours à compter de la présente décision et de reprendre l'instruction de sa demande de titre de séjour mention " vie privée et familiale " déposée à la préfecture du Loiret et le cas échéant, de la convoquer pour qu'elle redépose son dossier de demande de titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle se trouve dans l'impossibilité matérielle d'obtenir un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour et qu'en l'absence d'autorisation de travail elle ne pourra poursuivre sa formation ;
- la condition d'utilité est remplie dès lors qu'il n'existe pas d'autre moyen de prendre un rendez-vous ;
- la mesure demandée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Le président du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Israël, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née le 25 janvier 2005, entrée sur le territoire français en 2014, a déposé une demande de titre de séjour le 13 mars 2023. Par une décision du 14 mai 2024, la préfète du Loiret a rejeté sa demande, au motif qu'elle ne démontrait pas suivre avec sérieux une formation ou exercer une activité professionnelle, mais lui a délivré une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, valable jusqu'au 25 novembre 2024, afin de lui permettre de travailler sur son projet de réinsertion. Mme A demande au juge des référés du tribunal, statuant en application des dispositions de l'article L. 521- 3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui remettre une nouvelle autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail et de reprendre l'instruction de sa demande de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. En application des dispositions précitées, l'office du juge du " référé mesures utiles " ne peut faire obstacle à une décision administrative. Ainsi, il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'adresser une injonction de renouvellement d'une autorisation provisoire de séjour au préfet de la Seine-Saint-Denis, une telle mesure étant susceptible de faire obstacle à une décision de l'administration. Il suit de là que les conclusions de la requête ne sont pas recevables.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B, et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 14 janvier 2025.
Le juge des référés,
M. Israël
La République mande au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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