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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2415986

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2415986

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2415986
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation10ème Chambre (JU)
Avocat requérantRABIER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a été saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre la décision 48SI du 17 octobre 2024 constatant l’invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que contre les retraits de points consécutifs à trois infractions. Le tribunal a constaté un non-lieu à statuer partiel, le ministre ayant supprimé les mentions de l’infraction du 19 août 2021 et de la décision 48SI, et reconstitué le solde de points, rendant sans objet les conclusions relatives à ces décisions et à l’infraction du 6 février 2021. Sur l’infraction du 16 novembre 2023, le tribunal a rejeté le moyen tiré du défaut d’information préalable, en application des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, au motif que le procès-verbal électronique signé par l’intéressé établissait la délivrance des informations requises.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 novembre 2024, M. A... C... B..., représenté par Me Iosca, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision référencée 48SI du 17 octobre 2024 par laquelle le ministre de l’intérieur a constaté l’invalidité de son permis de conduire en raison d’un solde de points nul et lui a interdit de conduire, ainsi que les décisions antérieures portant retrait de points à la suite des infractions en date des 6 février 2021, 19 août 2021 et 16 novembre 2023 ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui restituer les points illégalement retirés dans le délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :
- il n’a pas reçu communication des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route à l’occasion des retraits de points ;
- la réalité des infractions n’est pas établie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 janvier 2025, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :
- les mentions de l’infraction du 19 août 2021 et de la décision 48SI ont été supprimées du relevé d’information intégral et le requérant a bénéficié d’une reconstitution totale du nombre de points affecté à son permis de conduire de sorte que l’infraction du 6 février 2021 n’a plus d’effet et qu’il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions afférentes à la décision 48SI et aux décisions portant retrait de points à la suite des infractions en date des 6 février 2021 et 19 août 2021 ;
- les moyens relatifs à l’infraction du 16 novembre 2023 ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

En application des dispositions de l’article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal administratif a désigné Mme Syndique pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Le rapport de Mme Syndique a été entendu au cours de l’audience publique.



Considérant ce qui suit :

1. M. B... demande au tribunal d’annuler la décision référencée 48SI du 17 octobre 2024 par laquelle le ministre de l’intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ainsi que l’ensemble des décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 6 février 2021, 19 août 2021 et 16 novembre 2023.

Sur l’étendue du litige :

2. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l’introduction de la requête, la mention de l’infraction du 19 août 2021 ainsi que celle de la décision 48SI contestée ont été supprimées dans le relevé d’information intégral et que le solde de points du permis de conduire a été reconstitué à la date du 25 février 2024 de sorte que l’infraction du 6 février 2021 n’a plus d’effet sur ce solde. Par suite, les conclusions de la requête relatives aux décisions relatives aux infractions des 6 février 2021 et 19 août 2021 et à la décision 48SI, réputée retirée, sont dépourvues d’objet et il n’y a plus lieu d’y statuer.

Sur l’infraction du 16 novembre 2023 :

3. En premier lieu, aux termes de l’article L. 223-3 du code de la route : « Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. (…) ». Aux termes de l’article R. 223-3 du même code : « I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. (…) ».

4. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date par procès-verbal électronique, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées.

5. Il résulte des mentions du relevé d’information intégral que l’infraction du 16 novembre 2023 a été constatée par un procès-verbal électronique du même jour, qui est produit par le ministre à l’instance. Ce procès-verbal porte la signature de l’intéressé et comporte l’ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, le moyen tiré de ce que M. B... n’aurait pas reçu l’ensemble de l’information prescrite par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route doit être écarté pour cette infraction.

Sur le moyen tiré du défaut de réalité des infractions :

6. Aux termes de l’article L. 223-1 du code de la route : « (…) La réalité d’une infraction entraînant retrait de point est établie par le paiement d’une amende forfaitaire ou l’émission du titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée, l’exécution d’une composition pénale ou par une condamnation définitive. (…) ». Il résulte de ces disposition ainsi que de celles de l'article L. 225-1 du code de la route, combinées avec celles des articles 529 et suivants du code de procédure pénale et du premier alinéa de l’article 530 du même code, que le mode d’enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à estimer que la réalité de l’infraction est établie dans les conditions prévues à l’article L. 223-1 de ce code dès lors qu’est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l’amende forfaitaire ou de l’émission du titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée, sauf si l’intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l’infraction ou de l’envoi de l’avis de contravention ou avoir formé, dans le délai prévu à l’article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l’annulation du titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée.

7. Il résulte des mentions du relevé d’information intégral produit par le ministre de l'intérieur qu’un titre exécutoire de l’amende forfaitaire majorée correspondant à l’infraction commise le 16 novembre 2023 a été émis, sans que M. B... n’établisse qu’il aurait déposé une réclamation en ayant entraîné l’annulation. Par suite, la réalité de cette infraction est établie.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions afférentes à l’infraction du 16 novembre 2023 doivent être rejetées, y compris les conclusions à fin d’injonction.

D E C I D E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête relatives à la décision 48SI du 17 octobre 2024 et aux décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 6 février 2021 et 19 août 2021.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... C... B... et au ministre de l’intérieur.




Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2025.




La magistrate désignée,





N. Syndique
Le greffier,





S. Werkling



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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