Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2417690
mercredi 29 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2417690 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif le 11/12/2024, M. B A, ressortissant argentin ayant pour avocat la Selarl Behanzin-Oudy, demande au juge des référés du tribunal administratif :
1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance de référé, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient :
- qu'il était titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " délivrée le 22/05/2020 par la préfecture de police, valable 4 ans jusqu'au 21/05/2024 ;
- que le 26/04/2024 il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour sur le site de l'ANEF (administration numérique des étrangers en France) ; qu'une confirmation du dépôt d'une demande de renouvellement de titre de séjour lui a été délivrée ; que l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour s'est prolongée au-delà de la date d'expiration de son titre de séjour actuel, sans que lui soit remise une attestation de prolongation d'instruction de sa demande ; qu'il a relancé les services de la préfecture à de multiples reprises. Ses courriers sont restés sans réponses. De ce fait, M. A se retrouve en situation irrégulière alors qu'il a formulé une demande de renouvellement avant l'expiration de son titre de séjour et que son dossier est complet ;
- qu'à l'expiration de son titre de séjour actuel, la préfecture n'a pas mis à la disposition de M. A une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande, le plaçant de facto en situation irrégulière du fait de cette carence de l'administration. Or, il est constant que l'absence de récépissé ou d'attestation de prolongation de l'instruction contribue à sa précarité et l'expose à une mesure d'éloignement du territoire ;
- qu'aucune décision administrative n'a été prise de sorte que l'ordonnance du juge administratif n'entraînera aucune conséquence faisant obstacle à une décision du préfet de la Seine-Saint-Denis.
La requête en référé de M. A a régulièrement été communiquée à la préfecture de la Seine-Saint-Denis, laquelle n'a pas produit d'observation en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné M. Romnicianu, vice-président, pour statuer sur les requêtes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. D'une part, aux termes des deux premiers alinéas de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / () Lorsque l'étranger mentionné aux 2°, 3° ou 4° de l'article R. 431-5 a déposé une demande complète dans le respect du délai auquel il est soumis, le préfet est tenu de mettre à sa disposition via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. ".
4. D'autre part, et en vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé pendant quatre mois par l'administration sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet. Ainsi, le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme du délai de quatre mois, une décision implicite de rejet de cette demande. Il en va autrement lorsqu'il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l'administration valant alors refus implicite d'enregistrement de la demande.
5. En l'espèce, M. B A, ressortissant argentin né le 19 septembre 1984 à Arroyo Seco (Argentine), était titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale " délivrée le 22/05/2020 par la préfecture de police, valable 4 ans jusqu'au 21/05/2024. Le 26/04/2024 il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour sur le site de l'ANEF (administration numérique des étrangers en France). Une confirmation du dépôt d'une demande de renouvellement de titre de séjour lui a alors été délivrée. Il ne résulte pas de l'instruction que le dossier de demande présenté par l'intéressé aurait été incomplet. Dans ces conditions, en l'absence de réponse dans un délai de quatre mois, et quand bien même le préfet de la Seine-Saint-Denis n'a jamais délivré à l'intéressé une attestation de prolongation d'instruction, comme le prévoient pourtant les dispositions de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour de M. A est nécessairement née antérieurement à l'introduction de la présente requête et à la date de la présente ordonnance. Ainsi, et en l'absence de péril grave avéré, le recours de M. A tendant à ce qu'il soit enjoint à l'autorité administrative de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction se heurte en l'espèce à l'existence préalable d'une décision implicite portant rejet de sa demande, qu'il lui est loisible de contester, en en demandant le cas échéant la suspension par un référé formé sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, s'il s'y croit fondé.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête en référé de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête en référé de M. B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 29 janvier 2025.
Le juge des référés,
M. Romnicianu
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026