Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2417702

lundi 13 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2417702
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPEYTHIEU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a constaté que la demande de Mme B tendant à obtenir une convocation pour la délivrance d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour était devenue sans objet. En effet, le préfet de la Seine-Saint-Denis lui avait remis une attestation de prolongation d'instruction valable du 2 janvier au 1er avril 2025. Par conséquent, le juge a prononcé un non-lieu à statuer sur la demande d'injonction et rejeté les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Peythieu, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer afin qu'elle se voie délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour, dans un délai d'une semaine à compter de la notification de l'ordonnance de référé et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à Me Peythieu au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que sa demande est urgente, utile et n'est pas susceptible de faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 6 janvier 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir qu'une attestation de prolongation de l'instruction de la demande de renouvellement de son titre de séjour a été remise à la requérante le 2 janvier 2025.

Vu :

- la demande d'aide juridictionnelle déposée auprès du bureau d'aide juridictionnelle par M. B ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

1. Il y a lieu, en application du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 et eu égard à l'urgence à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme B, d'admettre cette dernière au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur la requête :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. "

3. Il résulte de l'instruction que Mme B a obtenu la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, valide du 2 janvier au 1er avril 2025. Dès lors, sa demande d'injonction au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer pour la remise d'un même document est devenue sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

4. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Peythieu d'une somme en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'injonction de Mme B.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Peythieu et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 13 janvier 2025.

Le juge des référés,

J.-F. Baffray

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.