Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2418141
samedi 21 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2418141 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 décembre 2024, Mme C A, agissant en qualité de représentante légale de son fils mineur B D, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner des mesures conservatoires pour assurer la sécurité de son enfant ;
2°) d'enjoindre à l'établissement scolaire de garantir son bien-être ;
3°) de condamner l'État à verser des dommages et intérêts en réparation du préjudice subi.
Elle soutient que :
- son fils, dont le handicap a été reconnu supérieur ou égal à 80 %, a subi le
19 novembre 2024 des violences physiques et verbales de la part d'une enseignante au collège Miriam Makeba d'Aubervilliers ;
- qu'il n'est plus scolarisé depuis le 23 novembre 2024 en raison de son appréhension à retourner à l'école du fait des violences scolaires dont il a été victime.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle il est gravement porté atteinte.
3. Pour justifier d'une situation d'urgence particulière, Mme A soutient que son enfant a été victime le 19 novembre 2024 de violences scolaires de la part d'une enseignante et que depuis le 23 novembre suivant, il n'est plus scolarisé du fait de son appréhension pour retourner à l'école. Il résulte toutefois de l'instruction que les services compétents de l'académie de Créteil ont été informés des faits évoqués par la requérante et qu'en lien avec la principale du collège, la situation du jeune B D est examinée afin de trouver une solution adaptée à un retour à la scolarité à la rentrée de janvier. L'enfant, qui est porteur d'un handicap supérieur ou égal à 80 %, a également eu un rendez-vous le 12 décembre 2024 avec un médecin psychiatre au centre médico-psycho- pédagogique. Enfin, les vacances scolaires ont débuté le 21 décembre 2024 avec un retour en classe prévu le lundi 6 janvier 2025. Dans ces conditions, Mme A n'établit pas, en l'état de l'instruction, une situation d'urgence particulière justifiant qu'il soit ordonné à très bref délai, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale.
4. Enfin, il ne rentre, en tout état de cause, pas dans l'office du juge des référés de prononcer des condamnations à des dommages et intérêts.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Créteil.
Fait à Montreuil, le 21 décembre 2024.
La juge des référés,
M. de Bouttemont
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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