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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2418312

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2418312

mardi 25 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2418312
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNOEL HASBI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant par ordonnance, a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d'assurer le logement de Mme C... épouse B..., reconnue prioritaire et devant être logée d'urgence par la commission de médiation du droit au logement opposable le 24 mai 2024. Constatant qu'aucune offre de logement adaptée n'avait été proposée, le tribunal a fait application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Cette injonction est assortie d'une astreinte de 750 euros par mois de retard à compter du 1er janvier 2026, versée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2024, Mme A... C... épouse B..., représentée par Me Noel Hasbi, demande au tribunal d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, en application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et capacités.

Elle soutient que, par décision du 24 mai 2024, la commission de médiation du droit au logement opposable de la Seine-Saint-Denis l’a reconnue prioritaire et devant être logée d’urgence dans un logement répondant à ses besoins et à ses capacités.


La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Guérin-Lebacq, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 778-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, de l’absence d’audience et de la clôture de l’instruction le 17 février 2025 à 12 heures.




Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « I. - Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement./(…)/ Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. (…) / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. (…) le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l’article L. 300-2. / (…) Lorsqu'il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son logement ou relogement doit être ordonné, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l'Etat en mesure de présenter ses observations en défense et clôturé l'instruction ».

Sur l’injonction :

2. Les dispositions précitées font obligation au juge d’adresser au préfet l’injonction qu’elles prévoient, dès lors qu’il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation, qu’il doit y être satisfait d’urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités.

3. Par la décision du 24 mai 2024, valable pour six personnes, la commission de médiation du département de la Seine-Saint-Denis a désigné Mme C... épouse B... comme prioritaire et devant être relogée en urgence en retenant pour motif : « attente d’un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral ».

4. Or, d’une part, il résulte de l’instruction que Mme C... épouse B... n’a pas reçu, à ce jour, d’offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités. D’autre part, il ne résulte pas de cette même instruction que sa situation ait évolué depuis l’intervention de la décision de la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis. Dans ces conditions, il y a lieu d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme C... épouse B....

Sur l’astreinte :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce et en application des dispositions de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, d’assortir d’office cette injonction d’une astreinte destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement. Le montant de cette astreinte doit être fixé, en tenant compte de tous les éléments du dossier, à la somme de 750 euros par mois entier de retard, à compter du 1er janvier 2026.






O R D O N N E :


Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme C... épouse B..., sous une astreinte destinée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement de 750 euros par mois entier de retard à compter du 1er janvier 2026.

Article 2 : Les sommes dues en exécution de l’article 1er ci-dessus doivent être versées jusqu’au jugement de liquidation définitive.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C... épouse B... et au ministre de la ville et du logement.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Fait à Montreuil, le 25 novembre 2025.



Le magistrat désigné,





J.-M. Guérin-Lebacq


La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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