Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2418660

lundi 6 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2418660
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête en référé de Mme A B, qui demandait au préfet de la Seine-Saint-Denis de prendre acte de son changement d’adresse et au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que les mesures sollicitées faisaient obstacle à l’exécution d’une décision implicite de rejet née le 24 mai 2024, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il a également relevé que l’urgence n’était pas établie, faute de préjudice suffisamment grave et immédiat. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 décembre 2024, Mme D A B, épouse C, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance, de prendre acte dans un délai de 15 jours de son changement d'adresse et de clôturer l'instruction de sa demande au sein de ses services, afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour auprès du préfet du Val-de-Marne ;

2°) d'ordonner sous astreinte de 100 euros par jour de retard au préfet du Val-de-Marne ou au préfet compétent de lui délivrer une convocation dans les quinze jours, afin qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que sa demande est urgente et utile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " L'article L. 522-3 de ce code dispose que " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " Et aux termes du 1er alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

3. Selon les termes de la requête et les pièces jointes à celle-ci, la demande de titre de séjour Mme A B a été enregistrée sur le site de l'ANEF le 24 janvier 2024. Une décision implicite de rejet est donc nécessairement née le 24 mai suivant, en application des dispositions mentionnées au point précédent. Il apparaît ainsi qu'à la date de la présente ordonnance, les mesures sollicitées par l'intéressée, tendant à ce que le préfet de la Seine-Saint-Denis prenne en compte son changement de résidence et classe sans suite sa demande de titre de séjour afin qu'elle puisse la déposer auprès du préfet du Val-de-Marne, auraient pour effet de faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour ou n'ont pas de caractère d'utilité et ne sauraient, dès lors, être prononcées par le juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

4. En second lieu et en tout état de cause, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

5. Mme A B fait valoir, sans autre précision, qu'elle se trouve en situation irrégulière depuis mars 2024 et empêchée de travailler " alors même [qu'elle serait] fondée à solliciter un titre de séjour " en qualité de conjointe de ressortissant d'un membre de l'Union européenne. De tels éléments non étayés n'établissent pas que la situation qu'elle déplore est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à sa situation concrète.

6. Par suite, la requête de Mme A B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A B, épouse C.

Fait à Montreuil, le 6 janvier 2025.

Le juge des référés,

J.-F. Baffray

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.