Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2500071

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2500071
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, ressortissant tchadien, qui demandait le renouvellement de son récépissé de demande de carte de séjour. Le juge retient qu’une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour est née le 8 décembre 2024, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA). En conséquence, la mesure d’injonction sollicitée ferait obstacle à l’exécution de cette décision administrative et ne peut être prononcée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 janvier 2025, M. B A, de nationalité tchadienne, demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfecture de la Seine-Saint-Denis de renouveler son récépissé de demande de carte de séjour.

Il soutient que le récépissé de demande de carte de séjour qui lui a été délivré le 08/08/2024 a expiré le 07/11/2024.

Par un mémoire en défense enregistré le 12/02/2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête de M. A, faisant valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. Romnicianu, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tchadien né le 1er janvier 2002, était titulaire d'un titre de séjour expiré le 03/02/2022. Le 08/08/2024 il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour et, à cette occasion, s'est vu remettre par les services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis un récépissé de demande de carte de séjour valable 3 mois, jusqu'au 07/11/2024. M. A demande au juge des référés du tribunal administratif d'enjoindre à la préfecture de la Seine-Saint-Denis de renouveler ce récépissé.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

4. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. / Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. / Par dérogation au premier alinéa ce délai est de soixante jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance du titre de séjour mentionné à l'article R. 421-26 ". De surcroit, aux termes du premier alinéa de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise () ".

5. Il résulte de l'instruction que le 8 août 2024 M. A a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour expiré le 3 février 2022 et, à cette occasion, s'est vu remettre par les services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis un récépissé de demande de carte de séjour valable 3 mois, jusqu'au 07/11/2024. Or, en application des dispositions, citées au point 4, des articles R. 432-1 et R. 432-2 du CESEDA, une décision implicite de rejet de la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par M. A est née du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis durant 4 mois après le dépôt de sa demande, soit le 8 décembre 2024. Dans ces conditions, la mesure d'injonction sollicitée, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ferait obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet et ne saurait dès lors être prononcée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête en référé de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'Intérieur.

Copie pour information en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 20 février 2025.

Le juge des référés du tribunal,

M. Romnicianu

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.