Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2500249
lundi 20 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2500249 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Birolini, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de statuer sur sa demande de titre de séjour, dans un délai d'un mois, sous la même astreinte ou, à titre infiniment subsidiaire, de le convoquer à la préfecture afin que lui soit remis un nouveau récépissé, dans un délai de sept jours sous la même astreinte ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que sa demande de titre de séjour est en cours d'instruction depuis plus de vingt-quatre mois, qu'il ne parvient pas à renouveler son récépissé expiré auprès de la préfecture et que, par suite, il se trouve en situation irrégulière ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'il a effectué de nombreuses démarches pour obtenir un rendez-vous pour le renouvellement de son récépissé et qu'il souhaite stabiliser sa situation sur le territoire ;
- la mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, dès lors qu'il n'a obtenu aucune réponse à sa demande de titre et que des récépissés lui ont été délivrés dans l'attente que le préfet statue ;
- cette mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que son dossier de demande de titre séjour est complet et qu'il remplit les conditions pour se voir délivrer ce titre.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gauchard, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant mauricien né le 12 septembre 1997 à Quatre bornes (Ile Maurice), a déposé une demande de titre de séjour auprès de la préfecture de Seine-Saint-Denis, le 20 décembre 2022 et s'est vu délivrer des récépissés de cette demande, dont le dernier a expiré le 7 juin 2024. M. A n'a pu, à ce jour, obtenir un rendez-vous pour que lui soit délivré un nouveau récépissé, en raison de la non-reconnaissance de son numéro étranger (n°AGREF) sur le site de la préfecture. Par la présente requête, il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer le titre de séjour demandé ou, à titre subsidiaire, de statuer sur sa demande de titre de séjour ou, à titre infiniment subsidiaire, de lui délivrer une convocation à la préfecture afin que lui soit remis un nouveau récépissé.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 de ce code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S'agissant de la condition d'urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l'article L. 521-3, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Aux termes de l'article R.* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R*. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
5. Comme il a été dit au point 3, le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut, le cas échéant, prescrire toute mesure utile, à des fins conservatoires ou à titre provisoire. Dans ces conditions, la demande de M. A tendant à ce que le juge des référés ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour est manifestement irrecevable.
6. Il résulte de l'instruction, et il ressort notamment du premier récépissé de demande de titre de séjour versé à la présente instance que, ainsi qu'il a été dit au point 1, M. A a déposé sa demande auprès de la préfecture de Seine-Saint-Denis le 20 décembre 2022, soit il y a plus de vingt-quatre mois, à la date à laquelle la présente requête a été enregistrée. En l'absence de réponse du préfet pendant un délai de quatre mois sur sa demande, une décision implicite de rejet de cette demande est née, en application des dispositions citées au point 4. Il suit de là, d'une part, que la demande du requérant tendant à ce que le juge des référés ordonne à l'autorité préfectorale de statuer sur sa demande est dépourvue d'utilité, d'autre part, que sa demande tendant à ce que ce juge ordonne au préfet de le convoquer en préfecture afin que lui soit remis un nouveau récépissé aurait pour effet de faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Dans ces conditions, compte tenu de ce qui a été dit au point 3, le juge des référés ne saurait prononcer cette dernière mesure.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A peut être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Coipe en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 20 janvier 2025.
Le juge des référés,
L. Gauchard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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