Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2500346

lundi 24 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2500346
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B. Celle-ci demandait d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d'instruction. Le juge a estimé que la demande était manifestement dépourvue d'utilité, car le silence gardé par l'administration pendant quatre mois avait fait naître une décision implicite de rejet le 21 avril 2024, en application des articles R.* 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, la requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 janvier 2025, Mme A B, représentée par Me Gauthier, demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer, dans l'attente, une nouvelle attestation de prolongation d'instruction à compter du 9 janvier 2025, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que, d'une part, elle est présumée dans le cas d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que, d'autre part, l'impossibilité de régulariser sa situation a entrainé la suspension de son contrat de travail ;

- la mesure demandée présente un caractère utile dès lors qu'en raison du délai déraisonnable elle se trouve dans une situation d'insécurité juridique ;

- cette mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif a désigné M. Jimmy Robbe, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante tunisienne née le 2 septembre 1997 à Nabeul (Tunisie), déclare être entrée en France en 2021 munie d'un visa long séjour valant titre de séjour et avoir été munie, sans les produire, d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " puis d'un titre de séjour portant la mention " salarié ". Elle a déposé une demande de renouvellement de ce dernier titre de séjour le 21 décembre 2023 et s'est vue délivrer, à ce titre, plusieurs attestations de prolongation d'instruction dont la dernière a expiré le 9 janvier 2025. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer, dans l'attente, une nouvelle attestation de prolongation d'instruction à compter du 9 janvier 2025.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 de ce code précise que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Aux termes de l'article R*. 432-1 du code de justice administrative : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. " Le premier alinéa de l'article R. 432-2 du même code précise : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

4. Il résulte de l'instruction que la demande de titre de séjour de Mme B a été déposée le 21 décembre 2023 sur la plateforme de l'Administration Numérique des Étrangers en France (ANEF), ainsi que le confirme l'attestation de dépôt qu'elle produit. En application des dispositions précitées des articles R.* 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis sur cette demande a fait naître, au terme d'un délai de quatre mois, soit le 21 avril 2024, une décision implicite de rejet, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que l'intéressée été munie de deux attestations de prolongation d'instruction autorisant provisoirement son séjour pour des périodes courant après cette date. Il suit de là, d'une part, que la demande de la requérante tendant à ce que le juge des référés enjoigne au préfet de la Seine-Saint-Denis de statuer sur sa demande est manifestement dépourvue d'utilité, et d'autre part, que, en l'absence de péril grave avéré, l'existence de cette décision fait obstacle à ce que le juge des référés enjoigne à cette même autorité de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d'instruction.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Montreuil, le 24 février 2025.

Le juge des référés,

Jimmy Robbe

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.