Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2501381
mercredi 29 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Montreuil |
| Section | Tribunal Administratif de Montreuil |
| N° Dossier | TA93-2501381 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 janvier 2025, M. B A, représenté par
Me Debazac, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de vingt-quatre heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors qu'en l'absence de tout document de séjour et de travail avant le 28 février 2025, date de sa convocation en préfecture, il risque de perdre son emploi et d'être placé en situation de grande précarité administrative et financière, alors que le juge des référés avait enjoint le 30 décembre 2024 au préfet de lui délivrer ce document dans un délai de quinze jours ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à mener une vie privée et familiale normale, à son droit au travail, à sa liberté d'aller et venir et à son droit à un recours effectif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle il est gravement porté atteinte.
3. M. A, ressortissant bangladais né le 7 avril 1993, a été titulaire d'une carte de résident portant la mention " réfugié " valable jusqu'au 4 décembre 2021, dont il a sollicité le renouvellement dans les délais. Par une ordonnance n° 2416484 du 30 décembre 2024, le juge des référés a suspendu l'exécution de la décision implicite de refus opposée à sa demande et enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un document provisoire de séjour dans un délai de quinze jours. A cette fin, le requérant s'est vu remettre le 27 janvier 2025 une convocation pour le 28 février 2025. Estimant cette date de rendez-vous trop tardive, il demande au juge des référés statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui délivrer ce document dans un délai de vingt-quatre heures.
4. Pour justifier d'une situation d'urgence particulière, M. A fait valoir qu'en l'absence de ce document dans des délais très brefs, il risque de perdre son emploi, son contrat étant suspendu depuis le 27 janvier 2025, et d'être placé en situation de grande précarité administrative et financière, alors que le juge des référés avait enjoint le 30 décembre 2024 au préfet de lui délivrer ce document dans un délai de quinze jours. Toutefois, il résulte de l'instruction que, d'une part, l'intéressé a déposé un référé sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative à fin d'exécution de l'ordonnance en cause, qui a été audiencé le 3 février 2025, soit à très bref délai. D'autre part, le requérant, dont le contrat est suspendu depuis le 27 janvier 2025, soit très récemment, ne fait pas état d'aucun élément circonstancié permettant d'établir à la date de la présente ordonnance la précarité de sa situation. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, M. A ne peut être regardé comme justifiant, dans les circonstances de l'espèce, d'une urgence particulière nécessitant qu'il soit ordonné à très bref délai, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, en toutes ses conclusions, en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 29 janvier 2025.
La juge des référés,
M. de Bouttemont
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026