Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2501835

mercredi 5 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2501835
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant capverdien, qui demandait la délivrance d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, notamment en raison du délai de plus de quatre mois entre le dépôt de la demande et la saisine du tribunal, et de l'absence de circonstances particulières justifiant une intervention à très bref délai. La requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 février 2025, M. A B, représenté par Me De Almeida, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ou, à défaut, une attestation de prolongation d'instruction, portant autorisation de travail, dans un délai de quarante-huit heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, à verser à Me De Almeida en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que son contrat de travail a été suspendu, qu'il risque de perdre son emploi et qu'il se retrouve ainsi privé des ressources nécessaires pour subvenir aux besoins de sa famille, alors qu'il est le père de trois enfants dont deux sont à sa charge, et qu'il risque d'être privé de liberté et éloigné du territoire français ;

- l'absence de remise d'un récépissé de renouvellement de titre de séjour ou d'une attestation de prolongation d'instruction porte une atteinte grave et manifestement illégale à plusieurs libertés fondamentales, dont la liberté d'aller et venir, la liberté du travail et le droit au respect de la vie privée et familiale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant capverdien né le 6 juin 1976, était titulaire d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 17 août 2024. Il a sollicité le renouvellement de ce titre par une demande déposée le 2 octobre 2024, via la plateforme de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF). M. B demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ou, à défaut, une attestation de prolongation d'instruction, portant autorisation de travail.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Si M. B soutient que la condition d'urgence est remplie dès lors que, n'étant plus autorisé à travailler, il ne dispose plus des ressources financières pour subvenir aux besoins de sa famille et qu'il est par ailleurs exposé à une mesure d'éloignement, il n'invoque aucune circonstance particulière justifiant l'intervention à très bref délai des mesures qu'il sollicite du juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative alors, au demeurant, qu'il n'a saisi ce juge que plus de quatre mois après le dépôt de sa demande de titre de séjour, laquelle a été enregistrée plus d'un mois après l'expiration de son titre, qu'en application de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile une attestation de prolongation de l'instruction ne peut être délivrée qu'en cas de dépôt d'une demande complète et qu'il ne justifie pas avoir la charge exclusive de deux de ses enfants. Il suit de là que la requête de M. B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu d'admettre l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 5 février 2025.

Le juge des référés,

D. Charageat

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.