Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2502271

vendredi 14 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2502271
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête en référé de M. A, qui demandait, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, qu’il soit enjoint au préfet de lui délivrer un rendez-vous pour l’instruction de sa demande de titre de séjour. Le juge a constaté qu’une décision implicite de rejet de cette demande était née le 28 septembre 2024, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers. Il en a déduit que les mesures sollicitées auraient pour effet de faire obstacle à l’exécution de cette décision administrative, ce qui est interdit par l’article L. 521-3. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée, sans qu’il soit besoin d’examiner l’urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 février 2025, M. B A, représenté par Me Tavares De Pinho, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une date de rendez-vous afin que sa demande de titre de séjour puisse être instruite et de lui remettre un récépissé portant autorisation de travail constatant le dépôt de sa demande, dans un délai de huit jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que sa demande est urgente, utile et n'est pas susceptible de faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " L'article L. 522-3 de ce code dispose que " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

3. Il résulte des termes et des pièces de la requête que la demande de M. A d'admission exceptionnelle au séjour a été enregistrée par les services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis le 28 mai 2024. Une décision implicite de rejet de cette demande est donc née le 28 septembre 2024. Il apparaît ainsi qu'à la date de la présente ordonnance, les mesures sollicitées par l'intéressé auraient pour effet de faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative implicite et ne sauraient, dès lors, être prononcées par le juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Par suite, la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Montreuil, le 14 février 2025.

Le juge des référés,

J.-F. Baffray

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.