LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2503592

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2503592

mercredi 24 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2503592
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème chambre
Avocat requérantBERTRAND

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a examiné la requête de M. A... visant à contester le refus implicite d'abroger un arrêté préfectoral du 24 avril 2023 lui refusant un titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a jugé irrecevables les conclusions contre le refus d'abroger la décision de refus de séjour, car celle-ci produit tous ses effets dès son entrée en vigueur et ne peut faire l'objet d'une demande d'abrogation. En revanche, la demande d'abrogation de l'obligation de quitter le territoire français est recevable, cette mesure continuant à produire des effets. Le tribunal a appliqué les articles L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er mars 2025, M. B... A..., représenté par Me Bertrand, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant deux mois par le préfet de la Seine-Saint-Denis sur sa demande du 18 juillet 2024 tendant à l’abrogation de l’arrêté du 24 avril 2023 par lequel cette autorité a refusé de lui délivrer une carte de séjour temporaire au titre de l’admission exceptionnelle au séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois et de lui délivrer, le temps de cet examen, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- il justifie d’une circonstance nouvelle dès lors qu’il bénéficie d’une promesse d’embauche ;
- la décision implicite de rejet est entachée d’un défaut de motivation dès lors que sa demande du 12 décembre 2024 tendant à la communication des motifs de cette décision est restée sans réponse.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Par ordonnance du 3 novembre 2025, la clôture d’instruction a été fixée au 20 novembre 2025.

Un mémoire présenté pour M. A... a été enregistré le 1er décembre 2025.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d’être fondé sur un moyen relevé d’office, tiré de l’irrecevabilité des conclusions tendant à l’annulation d’un refus d’abroger une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, cette dernière ayant produit tous ses effets directs dès son entrée en vigueur.

Par un mémoire enregistré le 8 décembre 2025, M. A... a présenté des observations relatives au moyen susceptible d’être relevé d’office.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Löns,
- et les observations de Me Sadfi, substituant Me Bertrand, représentant M. A....

Le préfet de la Seine-Saint-Denis n’était pas présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant égyptien, a sollicité, le 10 janvier 2022, son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 24 avril 2023, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un courrier du 18 juillet 2024, reçu en préfecture le 22 juillet 2024, M. A... a sollicité l’abrogation de cet arrêté, en se prévalant de la circonstance que postérieurement à l’édiction de ce dernier, il a bénéficié d’une promesse d’embauche sous contrat à durée indéterminée à temps complet en tant que plaquiste. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par le préfet pendant deux mois sur cette demande. Par un courrier du 12 décembre 2024, reçu en préfecture le 16 décembre 2024, M. A... a demandé la communication des motifs de cette décision implicite. Le requérant demande l’annulation de la décision refusant l’abrogation de l’arrêté du 24 avril 2023.

S’il appartient à l’autorité administrative d’abroger un acte non réglementaire qui n’a pas créé de droits mais continue de produire effet, lorsqu’un tel acte est devenu illégal en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait postérieurs à son édiction, une décision refusant à un étranger la délivrance d’un titre de séjour produit tous ses effets directs dès son entrée en vigueur. Dès lors, une demande tendant à son abrogation est sans objet et ne saurait faire naître un refus susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir. Il suit de là que les conclusions tendant à l’annulation du refus d’abroger l’arrêté du 24 avril 2023 sont irrecevables en tant qu’elles portent sur le rejet de la demande de carte de séjour temporaire présentée par M. A....

En revanche, la décision portant obligation de quitter le territoire français continuant, postérieurement à son édiction, à produire des effets directs à l’égard de la personne qu’elle vise, cette dernière est recevable à demander, en raison de changements dans les circonstances de droit ou de fait, l’annulation d’une décision refusant de l’abroger.

Aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (…) ».

Aux termes de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ».

Aux termes de l’article L. 232-4 du code des relations entre le public et l’administration : « Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande (…) ». L’article L. 231-4 du même code dispose : « Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / 1° Lorsque la demande ne tend pas à l'adoption d'une décision présentant le caractère d'une décision individuelle (…) ».

Il ressort des pièces du dossier que M. A... a demandé, le 16 décembre 2024, la communication des motifs de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis sur sa demande tendant, notamment, à l’abrogation de l’obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre dans l’arrêté du 24 avril 2023 mentionné ci-dessus. Il n’est pas contesté que le préfet ne lui a pas communiqué les motifs de sa decision implicite, laquelle doit être motivée en vertu des dispositions précitées aux points 4 et 5, dans le délai d’un mois prévu à l’article L. 232-4 du code des relations entre le public et l’administration. Dès lors, M. A... est fondé à soutenir que cette décision implicite de rejet est entachée d’un défaut de motivation et à en demander l’annulation.

Le présent jugement, qui rejette les conclusions dirigées contre le refus d’abroger une décision portant refus de séjour et annule le refus d’abroger une obligation de quitter le territoire français, implique seulement que le préfet de la Seine-Saint-Denis réexamine la demande d’abrogation de l’obligation de quitter le territoire français du 24 avril 2023. En revanche, il n’implique pas qu’il délivre à M. A... un titre de séjour, ni même une autorisation provisoire de séjour. Il y a lieu, dès lors, d’enjoindre au préfet de procéder à ce réexamen, et de fixer le délai à 3 mois.

Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’État une somme de 1 100 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :


Article 1er : La décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis sur la demande de M. A... du 22 juillet 2024 tendant à l’abrogation de l’arrêté du 24 avril 2023 est annulée en tant qu’elle refuse d’abroger l’obligation de quitter le territoire français.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer la demande tendant à l’abrogation de l’obligation de quitter le territoire français du 24 avril 2023, dans un délai de 3 mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’État versera à M. A... la somme de 1 100 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Délibéré après l'audience du 10 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Gauchard, président,
M. Löns, premier conseiller,
M. Guiral, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 décembre 2025.

Le rapporteur,



A. Löns

Le président,



L. GauchardLa greffière,



S. Jarrin

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions