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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2504041

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2504041

vendredi 19 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2504041
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantBERTRAND

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. C..., ressortissant égyptien, qui contestait l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis refusant son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, et a jugé que le préfet ne s'était pas fondé sur une menace pour l'ordre public. Il a estimé que la délivrance d'une carte de séjour "salarié" était subordonnée à une autorisation de travail préalable, que le requérant ne détenait pas, en application de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, les éléments personnels invoqués n'ont pas été jugés suffisants pour caractériser une erreur manifeste d'appréciation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 mars 2025, M. A... C..., représenté par Me Bertrand, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 5 février 2025 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays d’éloignement ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation sans délai ;

3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C... soutient que :

- l’arrêté contesté est entaché d’incompétence ;
- il est insuffisamment motivé ;
- l’usage d’un document d’identité contrefait ne suffit pas à caractériser une menace pour l’ordre public ;
- il méconnaît l’article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d’une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens exposés dans la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code des relations entre le public et l’administration,
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Abdat, conseillère, a été entendu au cours de l’audience publique.



Considérant ce qui suit :

M. C..., ressortissant égyptien né le 2 juin 1990 à Gharbeya, a demandé le 19 septembre 2023 son admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 5 février 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande, l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays d’éloignement. M. C... demande l’annulation de cet arrêté.

En premier lieu, par un arrêté n° 2024-4152 du 25 novembre 2024, régulièrement publié au bulletin d’informations administratives de la préfecture de la Seine-Saint-Denis le même jour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à Mme B... D..., sous‑préfète du Raincy, signataire de l’arrêté attaqué, à l’effet de signer, dans les limites de l’arrondissement du Raincy, tous arrêtés en toutes matières se rapportant à l’administration de l’arrondissement. Par suite, dès lors que la commune de Rosny-sous-Bois, où réside M. C..., est située dans l’arrondissement du Raincy, le moyen tiré de l’incompétence de la signataire de l’arrêté attaqué doit être écarté.

En deuxième lieu, l’arrêté litigieux comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation doit être écarté.

En troisième lieu, et contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des termes de l’arrêté contesté que le préfet de la Seine-Saint-Denis ait entendu lui opposer la circonstance que sa présence en France constituerait une menace pour l’ordre public.

En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. / (…) »

Il est constant que le requérant ne dispose pas d’une autorisation de travail délivrée par la plateforme de la main d’œuvre étrangère. Par suite, et sans qu’ait d’incidence la circonstance que le préfet soit l’autorité en charge de délivrer une telle autorisation de travail, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l’article L. 421-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ne peut qu’être écarté.

En dernier lieu, si M. C... se prévaut de son entrée en France le 31 janvier 2017, de son mariage, le 28 mai 2021 avec une ressortissante égyptienne, dont il n’établit ni même n’allègue qu’elle résiderait en France en situation régulière, et de la naissance d’un enfant le 30 mars 2022, ces circonstances ne sont pas de nature à établir que l’arrêté attaqué serait entaché d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l’intéressé.

Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. C... doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d’injonction et celles tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D É C I D E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... C... et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 4 décembre 2025, à laquelle siégeaient :

M. Marchand président,
Mme Ghazi Fakhr, première conseillère,
Mme Abdat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2025.

La rapporteure,
Signé
G. Abdat

Le président,
Signé
A. Marchand

La greffière,

Signé

C. Yen Pon

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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