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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2505895

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2505895

jeudi 17 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2505895
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGAGEY

Résumé IA

Requête de M. B A devant le Tribunal Administratif de Montreuil, visant à obtenir, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, une injonction au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge des référés rejette la requête, estimant que la mesure demandée n'est pas utile, faute pour le requérant d'avoir démontré que ses difficultés de dépôt en ligne résultaient d'un dysfonctionnement imputable à l'administration et d'avoir épuisé les voies de recours prévues par l'arrêté du 1er août 2023. La solution retenue est le rejet de l'intégralité des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire, en application des articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 avril 2025, M. B A, représenté par Me Gagey, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui communiquer, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, une date de rendez-vous pour lui permettre de présenter une demande de titre de séjour et de lui délivrer, à cette occasion, un récépissé de demande de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

3°) de mettre à la charge de l'État le versement de la somme de 1 500 euros à Me Gagey en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que sa demande est urgente, utile et n'est pas susceptible de faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 1er août 2023 pris pour l'application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile fixant les modalités d'accueil et d'accompagnement et les conditions de recours à la solution de substitution des usagers du téléservice " ANEF " ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " L'article L. 522-3 de ce code dispose que " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. Le juge des référés, saisi sur le fondement de cet article, peut prescrire, sans audience, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S'agissant de la condition d'urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures mentionnées à l'article L. 521-3, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre.

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous.

5. En l'espèce, les pièces produites par M. A à l'appui de sa requête, pour démontrer qu'il n'est pas parvenu à déposer sa demande de titre de séjour en qualité de réfugié sur le site de l'AEF en raison d' " une erreur empêchant l'enregistrement des informations saisies " et l'invitant à vérifier sa saisie et à réessayer ultérieurement, n'attestent pas que ses difficultés pour déposer son dossier de demande de titre de séjour proviennent d'un dysfonctionnement informatique imputable à l'administration, comme il le soutient, tandis qu'il ne justifie au demeurant pas avoir sérieusement tenté de résoudre le problème qu'il rencontre en contactant le centre de contact citoyen, auquel il n'a envoyé qu'un message indiquant " je n'arrive pas à obtenir mon attestation, j'ai un problème technique ", avant de réclamer une solution de substitution auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis, conformément aux dispositions de l'arrêté du 1er août 2023 pris pour l'application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la mesure sollicitée par M. A, tendant à ce qu'il soit ordonné au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui donner une date de rendez-vous pour qu'il puisse déposer une demande de titre de séjour en qualité de réfugié et obtenir la délivrance d'un récépissé, n'apparait pas utile en l'état de l'instruction.

6. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions, y compris sa demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans la mesure où sa requête est manifestement dénuée de fondement au sens de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Gagey et au ministre d'État, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 17 avril 2025.

Le juge des référés,

J.-F. Baffray

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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