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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2506294

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2506294

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2506294
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantASLANIAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. D..., ressortissant turc, qui contestait un arrêté préfectoral du 14 mars 2025 l'obligeant à quitter le territoire français avec une interdiction de retour d'un an. Le juge a estimé que les moyens soulevés étaient soit manifestement infondés (incompétence du signataire), soit inopérants (droit au maintien sur le territoire), soit dépourvus de précisions suffisantes (risque de traitements inhumains). La décision a été prise sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 avril 2025, M. B... D..., représenté par Me Aslanian, demande au Tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 14 mars 2025 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l’a obligé à quitter le territoire français, en fixant le pays de destination, et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une année ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 600 euros en application des dispositions de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Vu
- la décision du 16 septembre 2025 admettant M. D... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :
M. D..., ressortissant turc, demande l’annulation de l’arrêté du 14 mars 2025 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l’a obligé à quitter le territoire français, en fixant le pays de destination et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un an.

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les premiers vice-présidents des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours (…), les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés (…) des moyens inopérants ou des moyens qui (…) ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».

En premier lieu, par un arrêté du 6 février 2025 régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à M. A..., adjoint à la cheffe du bureau de l’asile, pour signer, notamment, l’arrêté litigieux. Le moyen tiré de l’incompétence de son signataire est en conséquence manifestement infondé.

En deuxième lieu, il ressort de l’arrêté en litige que par décision du 19 février 2025, la Cour nationale du droit d’asile a rejeté la demande d’asile de M. C.... M. C... ne peut utilement soutenir que dès lors que cette décision ne lui aurait pas été notifiée il résulte des dispositions de l’article L 542-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qu’il disposait en qualité de demandeur d’asile d’un droit au maintien sur le territoire français.

En troisième lieu, le moyen tiré d’une méconnaissance des stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, qui ne fait l’objet d’aucun élément circonstancié ni d’aucune pièce, et alors que la demande d’asile de l’intéressé a été rejetée par la Cour nationale du droit d’asile, n’est manifestement pas assorti des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé.

Dès lors que la requête de M. D... ne comporte que des moyens de légalité externe manifestement infondés, inopérants ou qui ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, elle peut être rejetée sur le fondement des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :


Article 1er : La requête susvisée de M. D... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... D....


Fait à Montreuil, le 15 décembre 2025.


Le premier vice-président,



P. Le Garzic


La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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