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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2508028

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2508028

mardi 23 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2508028
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGOULET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante algérienne, qui contestait le refus implicite de la convoquer en préfecture pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la demande était manifestement irrecevable, car aucune disposition législative ou réglementaire, notamment l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'impose de délai à l'administration pour fixer un rendez-vous. En conséquence, le silence gardé sur une demande de rendez-vous ne peut faire naître une décision implicite de rejet susceptible d'être annulée. La requête a donc été rejetée en toutes ses conclusions.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 septembre 2025, Mme C... B..., représentée par Me Goulet, demande au tribunal :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de la Seine-Saint-Denis sur sa demande, présentée le 18 octobre 2024, tendant à l’obtention d’un rendez-vous aux fins de déposer sa demande de titre de séjour ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer à un rendez-vous pour qu’elle puisse déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les plus brefs délais à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par une décision du 26 août 2025, notifiée le 4 septembre 2025, le bureau d’aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d’aide juridictionnelle de Mme B....

Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis a conclu au non-lieu à statuer sur la requête.

Il fait valoir que la requérante n’a pas déposé de demande de titre de séjour.

Vu :
- l’ordonnance du juge des référées n° 2508085 du 22 mai 2025 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

Mme B..., ressortissante algérienne, a sollicité une demande rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour le 18 octobre 2024 sur le site « www.demarches-simplifiees.fr ». A ce titre, Mme B... soutient que l’absence de convocation à la suite de cette demande doit s’analyser comme une décision implicite de refus de convocation.

Toutefois, aucune disposition législative ou réglementaire, notamment par l’article R. 432‑1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l’autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour.

Ainsi qu’il a été dit au point 3, le silence gardé par l’administration sur une demande de rendez-vous pour le dépôt d’une demande au guichet ne peut être regardée comme étant susceptible de faire naître une décision implicite de rejet, dès lors que l’administration n’est assujettie à aucun délai dans lequel elle serait tenue de recevoir un étranger ayant présenté une telle demande. Dans ces conditions, Mme B... ne justifie pas de l’existence d’une décision par laquelle le préfet ou son représentant lui aurait opposé un refus de le convoquer en préfecture, dont il pourrait demander l’annulation. Par suite, la requête de Mme B... est manifestement irrecevable et doit être rejetée en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 23 décembre 2025.

Le président de la 11e chambre,


M. A...

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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