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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2508335

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2508335

lundi 22 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2508335
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A..., ressortissant sénégalais, qui demandait d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour en qualité de salarié. La juridiction a estimé que la demande se heurtait à une contestation sérieuse, car le requérant n'avait pas déposé une nouvelle demande de rendez-vous en sollicitant un changement de statut après le classement sans suite de sa première demande. Par conséquent, la mesure sollicitée a été jugée dépourvue d'utilité. Les articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative ont été appliqués.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 mai 2025, M. B... C... A... doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous en vue de déposer une demande de titre de séjour ;

2°) de condamner l’Etat à lui verser une somme en réparation du préjudice financier subi.

Il soutient que sa demande de rendez-vous a été à tort classée sans suite et qu’il est placé dans une situation financière et émotionnelle précaire à la suite de la rupture de son contrat de travail.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal administratif a désigné Mme Mach, vice-présidente, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.





Considérant ce qui suit :

1. M. A..., ressortissant sénégalais né en 1996, était titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle portant la mention « étudiant » valable du 13 avril 2023 au 12 avril 2025. Par une demande formée le 30 avril 2025 sur la plateforme « démarches-simplifiées », il a sollicité un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour en qualité de salarié, qui a été classée sans suite. M. A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous en vue de déposer une demande de titre de séjour et de condamner l’Etat à lui verser une somme en réparation du préjudice financier subi.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

3. Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

4. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

5. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit que ces démarches sont demeurées vaines, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

6. Il résulte de l’instruction que M. A..., qui était titulaire d’un titre de séjour en qualité d’étudiant, a déposé le 30 avril 2025 une demande de rendez-vous sur la plateforme « démarches-simplifiées » de la sous-préfecture de Saint-Denis en vue de déposer une demande de renouvellement de titre de séjour en qualité de salarié, qui a été classée sans suite au motif qu’il devait déposer une demande de changement de statut et fournir une autorisation de travail. Si le requérant soutient que ce classement sans suite est injustifié dès lors qu’il avait fourni une autorisation de travail, il n’est ni allégué ni établi que M. A... aurait déposé une nouvelle demande de rendez-vous en sollicitant un changement de statut. Dans ces conditions, sa demande tendant à ce qu’il soit ordonné au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour se heurte manifestement à une contestation sérieuse et ne présente pas d’utilité.

7. Il n’appartient pas au juge des référés saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, qui en vertu des dispositions de l’article L. 511-1 du même code statue par des mesures provisoires, de condamner une personne publique à verser une indemnité en réparation des préjudices que le requérant estime avoir subis.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée comme manifestement dénuée de fondement en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... A....


Fait à Montreuil, le 22 décembre 2025.


La juge des référés,



A-S Mach


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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