Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A... qui demandait d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer pour renouveler son récépissé de demande de titre de séjour. Le juge constate qu’une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement est née du silence de l’administration pendant quatre mois, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution de cette décision implicite et ne peut être regardée comme visant à prévenir un péril grave. Par conséquent, la requête est rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 mai 2025, M. B... A..., représenté par Me Peketi, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous afin de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dans la mesure où il se trouve dans une situation précaire depuis un temps anormalement long, qu’il se trouve empêcher dans l’exercice de sa profession ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative puisque qu’aucune décision implicite n’a pu naître ;
- la condition tenant au caractère utile de la mesure demandée est remplie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Toutain, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant mexicain né le 28 juin 1990 et séjournant régulièrement en France sous couvert, en dernier lieu, d’un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » valable jusqu’au 15 septembre 2023, a déposé sur le site de l’administration numérique des étrangers en France (ANEF), le 2 juin 2023, une demande de renouvellement de son titre de séjour et a été mis en possession, à cette occasion, d’une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 20 octobre 2023, puis d’un récépissé de demande valable du 2 février au 11 août 2024. Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous afin de renouveler son récépissé.
2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
3. Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Le premier alinéa de l’article R. 432-2 du même code précise : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois ». La circonstance qu’un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai prévu à cet article R. 432-2 ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l’administration au terme de ce délai.
4. Il résulte de l’instruction que la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A... a été déposée le 2 juin 2023. En application des dispositions citées au point précédent, une décision implicite de rejet était née, à la date d’introduction de sa requête, du silence gardé par l’administration pendant quatre mois à compter de ce dépôt. Par suite, la mesure sollicitée par le requérant aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de cette décision. Ne pouvant, par ailleurs, être regardée comme ayant pour objet de prévenir un péril grave, cette mesure est donc insusceptible d’être prescrite par le juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., au ministre de l’intérieur et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 5 décembre 2025.
Le juge des référés,
E. Toutain
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.