Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... C..., qui demandait une injonction de délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. La solution retenue est motivée par le fait qu’un titre de séjour valable lui a été délivré entre-temps, rendant la mesure demandée dépourvue d’utilité. Le tribunal a également rejeté les conclusions indemnitaires, estimant qu’il n’appartient pas au juge des référés de se prononcer sur de telles demandes. Les textes appliqués sont le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que le code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 juin et 17 juillet 2025, M. D... A... C... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l’Etat à lui verser la somme de 500 euros en réparation de ses préjudices administratif, moral et professionnel.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que l’absence d’attestation de prolongation d’instruction fait obstacle à son voyage prévu le 23 juin 2025 ;
- la mesure demandée présente un caractère utile ;
- il est fondé à demander la réparation des préjudices subis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu’un titre de séjour valable du 27 juin 2025 au 26 juin 2026 a été fabriqué le 9 juillet 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B..., vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
M. A... C..., ressortissant tunisien né le 12 mars 1991, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
Sur les conclusions à fin d’injonction :
Il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’enregistrement de la requête, un titre de séjour valable du 27 juin 2025 au 26 juin 2026 a été délivré à M. A... C..., de sorte que la mesure sollicitée, visant à enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, ne remplit plus la condition d’utilité prévue à l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les conclusions indemnitaires :
Si M. A... C... demande également la condamnation de l’administration à réparer ses préjudices, il n’appartient pas au juge des référés statuant en application de l’article L.521-3 du code de justice administrative de se prononcer sur de telles conclusions, qui doivent être rejetées.
Sur les frais de procès :
M. A... C..., qui n’a pas d’avocat, n’établit pas avoir exposé des frais de procès. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... A... C... et au ministre de l’intérieur.
Copie sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 10 décembre 2025.
La juge des référés,
J. B...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.