Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2501363 du 22 mai 2025, le juge des référés du tribunal a notamment enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de convoquer M. B... C... A... à un rendez-vous afin qu’il puisse déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour et de lui délivrer, à cette occasion, un récépissé l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de cette ordonnance.
Par une requête, enregistrée le 17 juin 2025, M. A..., représenté par Me Amzallag, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
2°) de modifier l’article 1er de l’ordonnance n° 2501363 du 22 mai 2025 afin d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à un rendez-vous afin qu’il puisse déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour et de lui délivrer, à cette occasion, un récépissé l’autorisant à travailler, à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l’inexécution de l’ordonnance n° 2501363 du 22 mai 2025 constitue un élément nouveau au sens de l’article L. 521-4 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juillet 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête et soutient que le requérant a été convoqué à un rendez-vous en préfecture le 21 juillet 2025 afin qu’il dépose sa demande de renouvellement de titre de séjour.
Par de nouveaux mémoires, respectivement enregistrés les 23 juillet, 6 octobre et 6 novembre 2025, M. A... persiste dans les conclusions de sa requête, par les mêmes moyens, et soutient, en outre, que, s’il a effectivement pu déposer sa demande de renouvellement de titre de séjour en préfecture, le 21 juillet 2025, aucun récépissé de demande l’autorisant à travailler ne lui a toutefois été remis à cette occasion, l’agent au guichet lui ayant indiqué que ce document lui serait délivré ultérieurement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Montreuil a désigné M. Toutain, vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l’admission provisoire au bénéfice de l’aide juridictionnelle :
1. Aux termes du premier alinéa de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : « Dans les cas d’urgence (…) l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente (…). ».
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’admettre provisoirement M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ».
4. Il résulte de l’instruction que si, postérieurement à l’introduction de la requête de M. A..., le préfet de la Seine-Saint-Denis a effectivement convoqué l’intéressé à un rendez-vous en préfecture, le 21 juillet 2025, afin d’enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour, le requérant soutient, sans être ultérieurement contredit, qu’aucun récépissé l’autorisant à travailler ne lui a toutefois été remis, alors que son dossier de demande était complet. Ainsi, contrairement à ce que soutient l’administration en défense, les conclusions à fin d’injonction sous astreinte présentées par M. A..., en tant qu’elles tendent à ce qu’il soit enjoint au préfet de lui délivrer un tel récépissé en exécution de l’article 1er de l’ordonnance n° 2501363 du 22 mai 2025 susvisée, durant l’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, ne sont pas devenues sans objet. Par ailleurs, dès lors que l’administration n’allègue pas avoir achevé l’instruction de cette demande, il y a lieu d’enjoindre au préfet, en application des dispositions précitées de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, de convoquer M. A... à un nouveau rendez-vous afin de lui remettre un récépissé de demande l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance. En revanche, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, d’assortir cette injonction d’une astreinte.
Sur les frais liés à l’instance :
5. M. A... a été provisoirement admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Amzallag de la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions précitées, sous réserve que Me Amzallag renonce à percevoir la part contributive de l’Etat et sous réserve de l’admission définitive de son client à l’aide juridictionnelle. En cas de rejet de sa demande d’aide juridictionnelle, ladite somme sera versée à M. A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A... est provisoirement admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de convoquer M. A... à un rendez-vous afin de lui remettre un récépissé de demande l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L’Etat versera à Me Amzallag la somme de 800 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Amzallag renonce à percevoir la part contributive de l’Etat et sous réserve de l’admission définitive de son client à l’aide juridictionnelle. Dans l’hypothèse où M. A... ne serait pas admis définitivement à l’aide juridictionnelle, la somme de 800 euros lui sera versée en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C... A..., à Me Amzallag, au ministre de l’intérieur et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 8 décembre 2025.
Le juge des référés,
E. Toutain
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.