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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2510720

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2510720

mardi 15 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2510720
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de Mme A, ressortissante égyptienne, qui sollicitait la suspension de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis du 20 mai 2025 clôturant sa demande de renouvellement de carte de séjour temporaire mention "visiteur". Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante n'ayant pas justifié de diligences suffisantes pour le suivi de sa demande depuis l'expiration de son attestation de prolongation d'instruction en mai 2022. La décision de clôture, qui ne constitue pas un refus de renouvellement, se borne à constater l'inactivité du dossier, invitant la requérante à déposer une nouvelle demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juin 2025, Mme B C A, représentée par Me Michel, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 20 mai 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a clôturé la demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " ;

3°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou une autorisation provisoire de séjour et de prendre une nouvelle décision dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros à verser à son avocate Me Michel en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, si l'aide juridictionnelle lui était définitivement accordée ou, à défaut, de lui verser cette même somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite, dès lors qu'elle est présumée en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour ; que la décision contestée la place dans une situation de précarité personnelle et professionnelle alors qu'elle réside régulièrement en France depuis 2020.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative

La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

3. Mme A, ressortissante égyptienne née le 2 décembre 1989, a été titulaire, en dernier lieu, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " visiteur " valable du 20 novembre 2020 au 19 novembre 2021, dont elle a sollicité le renouvellement. Elle a été bénéficiaire d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 13 mai 2022, qui n'a pas été renouvelée. Par une décision en date du 24 février 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis a clôturé sa demande au motif que " sa demande ne pouvait plus faire l'objet d'instruction au motif que son dossier est inactif depuis le 13 mai 2022. ". Mme A demande la suspension de cette décision.

4. Pour justifier d'une situation d'urgence, elle fait valoir que la décision de clôture contestée la place dans une situation de précarité personnelle et professionnelle alors qu'elle réside en France régulièrement depuis 2020. Toutefois, Mme A ne justifie pas, par le seul envoi de mails, restés sans réponse, et d'un courrier recommandé le 14 février 2024, avoir accompli les diligences nécessaires pour le suivi de sa demande, qui avait été déposée le 21 novembre 2021 et dont l'attestation de prolongation d'instruction avait expiré le 13 mai 2022. La décision de clôture contestée, qui ne peut être qualifiée de décision de refus de renouvellement avec présomption d'urgence, se borne à constater qu'eu égard à l'ancienneté de sa demande, celle-ci ne peut plus être instruite en l'état. Il appartient dans ces conditions à la requérante de déposer une nouvelle demande auprès de la préfecture dans les meilleurs délais pour le réexamen de sa situation administrative. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence ne peut être regardée, dans les circonstances particulières de l'espèce, comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 15 juillet 2025.

La juge des référés,

M. de Bouttemont

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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