Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante congolaise. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de changement de statut d'étudiant à salarié. Le tribunal a constaté qu'antérieurement à la requête, le préfet avait pris un arrêté le 23 mai 2025 refusant le titre de séjour sollicité et assorti d'une obligation de quitter le territoire français. La mesure demandée aurait donc pour effet de faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative, ce qui est interdit par les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée les 24 juin 2025, Mme C... B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui donner un rendez-vous afin de lui permettre de déposer sa demande de changement de statut d’étudiant à salarié et de lui délivrer, à titre subsidiaire, un document lui permettant de justifier de son séjour régulier durant l’examen de sa demande, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
Elle soutient que sa demande est urgente et utile et n’est pas susceptible de faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis conclut au rejet de la requête, faisant valoir que par un arrêté du 23 mai 2025, le titre de séjour sollicité a été refusé et une obligation de quitter le territoire français a été prise à l’encontre de la requérante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A..., vice-présidente, pour statuer sur les demandes en référé.
Considérant ce qui suit :
Mme B..., ressortissante congolaise née le 12 octobre 1998, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui donner un rendez-vous afin de lui permettre de déposer sa demande de changement de statut d’étudiant à salarié et de lui délivrer, à titre subsidiaire, un document lui permettant de justifier de son séjour régulier durant l’examen de sa demande.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.
3. Il résulte de l’instruction qu’antérieurement à l’enregistrement de la présente requête, par un arrêté du 23 mai 2025 produit en défense, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de délivrer à Mme B... le titre de séjour sollicité et l’a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Par suite, la mesure sollicitée par la requérante aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de cet arrêté et est donc manifestement insusceptible d’être prescrite par le juge des référés saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 23 décembre 2025.
La juge des référés,
J. A...
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.