Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B... épouse D..., ressortissante algérienne, qui contestait le refus implicite de convocation pour déposer une demande de titre de séjour. Le tribunal a jugé qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'impose de délai à l'administration pour convoquer un étranger ayant sollicité un rendez-vous en préfecture. En conséquence, le silence gardé sur une telle demande de rendez-vous ne peut faire naître une décision implicite de refus susceptible de recours pour excès de pouvoir. La solution retenue est fondée sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2025, Mme A... B... épouse D..., représentée par Me Ceccaldi, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans cette attente, de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ; ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et dans cette attente, de lui délivrer, sans délai une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l’État (préfet de la Seine-Saint-Denis) la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n’a pas produit d’observation en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Mme B... épouse D..., ressortissante algérienne, a sollicité une demande de rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour le 13 mars 2024 sur le site « www.demarches-simplifiees.fr ». A ce titre, Mme B... épouse D... soutient que l’absence de convocation à la suite de cette demande doit s’analyser comme une décision implicite de refus de convocation.
Toutefois, aucune disposition législative ou réglementaire, notamment par l’article R. 432‑1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l’autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour.
Ainsi qu’il a été dit au point 3, le silence gardé par l’administration sur une demande de rendez-vous pour le dépôt d’une demande au guichet ne peut être regardée comme étant susceptible de faire naître une décision implicite de rejet, dès lors que l’administration n’est assujettie à aucun délai dans lequel elle serait tenue de recevoir un étranger ayant présenté une telle demande. Dans ces conditions, Mme B... épouse D... ne justifie pas de l’existence d’une décision par laquelle le préfet ou son représentant lui aurait opposé un refus de le convoquer en préfecture, dont elle pourrait demander l’annulation. Par suite, la requête de Mme B... épouse D... est manifestement irrecevable et doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... épouse D... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... épouse D... et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Fait à Montreuil, le 3 décembre 2025.
Le président de la 11e chambre,
M. C...
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.