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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2513889

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2513889

lundi 16 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2513889
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGUILLEROT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant par ordonnance, rejette la requête d'un ressortissant népalais demandant l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour "salarié". Le juge estime la requête manifestement irrecevable, car le silence de la préfecture sur une demande de rendez-vous pour déposer un dossier ne constitue pas une décision implicite de rejet, l'administration n'étant soumise à aucun délai légal pour recevoir l'étranger. La décision s'appuie sur les articles R. 222-1 du Code de justice administrative et R. 432-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 aout 2025, M. B... A..., représenté par Me Guillerot, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision par laquelle le préfet de Seine-Saint-Denis a implicitement rejeté la demande de titre de séjour portant la mention « salarié » ;

2°) d’enjoindre la préfecture de Seine-Saint-Denis de lui délivrer une carte de séjour portant la mention « salarié » sous peine d’astreinte journalière de 150 euros par jour de retard, en application des articles L. 911-1 et L. 911-3 du Code de justice administrative ;

3°) A titre subsidiaire, d’enjoindre la préfecture de Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de sa demande dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard passé ce délai, et de lui délivrer dans l’attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard passé ce délai ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».

M. A..., ressortissant népalais, a sollicité une demande rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour le 13 avril 2024 sur le site « www.demarches-simplifiees.fr ».

Toutefois, aucune disposition législative ou réglementaire, notamment par l’article R. 432‑1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l’autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour.

Ainsi qu’il a été dit au point 3, le silence gardé par l’administration sur une demande de rendez-vous pour le dépôt d’une demande au guichet ne peut être regardée comme étant susceptible de faire naître une décision implicite de rejet, dès lors que l’administration n’est assujettie à aucun délai dans lequel elle serait tenue de recevoir un étranger ayant présenté une telle demande. Dans ces conditions, M. A... ne justifie pas de l’existence d’une décision par laquelle le préfet ou son représentant lui aurait opposé un refus de le convoquer en préfecture, dont il pourrait demander l’annulation. Par suite, la requête de M. A... est manifestement irrecevable et doit être rejetée.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 16 février 2026


Le président de la 12ème chambre,




E. Jauffret



La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


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