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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2513980

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2513980

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2513980
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation11ème Chambre (JU)
Avocat requérantDUBOIS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme A... B... visant à annuler le refus de l'OFII de lui accorder des conditions matérielles d’accueil. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée, car elle indiquait clairement l'application des articles L. 551-15 et D. 555-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le refus étant fondé sur le non-respect du délai de 90 jours pour présenter une demande d'asile. Les autres moyens, initialement soulevés, ont été abandonnés par la requérante lors de l'audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 11 août 2025, et un mémoire complémentaire, présenté par Me Dubois, enregistré le 8 janvier 2026, Mme A... B... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision en date du 1er août 2025, par laquelle le directeur territorial de l’office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d’accueil ;

2°) d’enjoindre à l’Office français de l'immigration et de l'intégration de l’admettre au bénéfice des conditions matérielles d’accueil à compter du 4 août 2025 dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou à défaut, de réexaminer sa demande d’admission au bénéfice des conditions matérielles d’accueil dans le même délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article 37 de la loi n° 91-637 du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît son droit à l’information régi par l’article L. 551-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle n’a pas été précédée de l’évaluation de sa vulnérabilité prescrite par l’article L 522-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle est entachée de l’incompatibilité de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile avec le droit de l’Union européenne ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle, au regard notamment de l’article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.


Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2026, le directeur de l’OFII conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.


Vu l’arrêté attaqué ;

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008 ;
la loi du10 juillet 1991 ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative ;

La présidente du Tribunal a désigné Mme Hnatkiw en application de l'article R. 222-21-1 du code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience ;

Ont été entendus, au cours de l’audience publique du 20 janvier 2026 :

- le rapport de Mme Hnatkiw ;
- les observations de Me Dubois, représentant Mme B... qui renonce aux moyens tirés de l’incompétence du signataire, du défaut d’information, et de l’absence d’entretien de vulnérabilité.
.




Considérant ce qui suit :

Mme A... B..., ressortissante nicaraguayenne, demande l’annulation de la décision du 4 août 2025, par laquelle l’OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d’accueil.







Sur les conclusions à fins d’annulation :

Aux termes de l’article L. 551-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / (…) 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d’accueil (…) prend en compte la vulnérabilité du demandeur. ». Aux termes de l’article L. 522-3 de ce code : « L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ».. Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines». Enfin, aux termes de l’article L. 551-10 du même code : « Le demandeur est informé, dans une langue qu’il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu’il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d’accueil peut lui être refusé ou qu’il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ».
En premier lieu, la décision attaquée vise les articles L. 555-15 et D. 555-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, et indique que les conditions matérielles d’accueil sont refusées à la requérante au motif qu’elle n’a pas présenté sa demande d’asile dans le délai de 90 jours. Dès lors, la décision contestée comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent son fondement et est ainsi suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisante motivation de la décision doit être écarté.
En deuxième lieu, si la requérante fait valoir qu’elle dispose d’un motif légitime justifiant qu’elle ait déposé sa demande d’asile le 4 août 2025 alors qu’elle est arrivée en France le 26 février 2025, ces allégations non étayées ne suffisent en tout état de cause pas à caractériser un motif légitime pour déposer sa demande d’asile 159 jours après son arrivée. Dans ces conditions, c’est par une exacte application des dispositions citées au point 2 que l’Office français de l’immigration et de l’intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles.
En troisième lieu, si la requérante soutient qu’elle se trouve en état de vulnérabilité, elle ne donne aucune précision sur sa situation et son état de santé. Rien ne permet, en conséquence, de caractériser une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle qu’aurait commise l’Office français de l’immigration et de l’intégration, au regard notamment de sa vulnérabilité.
Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d’annulation doivent être rejetées, ainsi que celles à fin d’injonction et relatives aux frais d’instance.



D E C I D E



Article 1er : La requête de Mme A... B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et au directeur général de l’OFII.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2026.



La magistrate désignée,





C. HnatkiwLa greffière,





C. Saint-Cyr








La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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