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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2514223

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2514223

jeudi 2 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2514223
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantRAMADAN

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A..., ressortissant ivoirien, qui demandait à être convoqué par le préfet de la Seine-Saint-Denis pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la condition d'utilité n'était pas remplie, faute pour le requérant de justifier de plusieurs tentatives de prise de rendez-vous en ligne effectuées à des semaines différentes, comme l'exige la jurisprudence. En conséquence, la demande a été rejetée par ordonnance sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il soit nécessaire d'examiner l'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 août 2025, M. B... A..., représenté par Me Ramadan, demande au juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer pour qu’il puisse présenter sa demande de titre de séjour et de lui en remettre récépissé, dans un délai de sept jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A... soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente s’agissant d’un renouvellement et compte tenu de sa situation professionnelle ;
- elle est utile dès lors qu’elle lui permettrait de voir sa demande examinée ;
- elle ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative
.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C..., premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant ivoirien titulaire d’une carte de séjour portant la mention « Carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union-Toutes activités professionnelles », a entendu demander la délivrance d’une carte de résident. M. A... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de le convoquer à fin de présenter sa demande et de lui en délivrer récépissé.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit n’avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l’occasion de plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

En se bornant alléguer ne pas avoir pu présenter sa demande sur le portail de l’administration numérique pour les étrangers en France et en produisant des courriels adressés entre le 6 et le 12 août 2025 aux services de la préfecture de la Seine-Saint-Denis, M. A... ne justifie pas de plusieurs tentatives de présentation de sa demande n’ayant pas été effectuées la même semaine. Il s’ensuit que la condition d’utilité à laquelle est subordonnée l’intervention du juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative n’est manifestement pas remplie.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... peut être rejetée selon la procédure régie par l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E:


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Montreuil, le 2 octobre 2025.


Le juge des référés,







Sign
P. C...


La République mande et ordonne au ministre d’État, ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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