Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme D... épouse C... comme manifestement irrecevable. La requérante demandait principalement des injonctions (instruction de sa demande de titre de séjour et délivrance d’un récépissé) ainsi qu’une indemnisation, sans exposer aucun moyen de droit. Le juge a fondé sa décision sur les articles R. 222-1 et R. 411-1 du code de justice administrative, rappelant que les conclusions à fin d’injonction présentées à titre principal sont irrecevables et que l’absence de moyens ne permet pas de régulariser la requête après l’expiration du délai de recours.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 septembre 2025, Mme A... D... épouse C... demande au tribunal :
1°) de reconnaître la carence fautive de l’administration ;
2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder à l’instruction de sa demande de titre de séjour ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un récépissé ;
4°) de l’indemniser du préjudice administratif et moral subi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents (…) de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».
Aux termes, d’autre part, de l’article R. 411-1 de ce code : « La juridiction est saisie par requête. La requête (…) contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ».
3. Mme D... épouse C... demande au tribunal d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d’examiner son dossier et de lui délivrer un récépissé. Toutefois, de telles conclusions constituent une demande d’injonction présentée à titre principal. Par suite, la requête de Mme D... épouse C..., qui n’est en outre assortie d’aucun moyen explicitement formulé, est manifestement irrecevable. Elle doit être rejetée par une ordonnance prise en application des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Toutefois, si Mme D... épouse C... s’y croit fondée, elle pourrait envisager d’introduire une requête sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D... épouse C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... D... épouse C....
Fait à Montreuil, le 1er décembre 2025.
Le président de la 11e chambre,
M. B...
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.