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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2516016

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2516016

mardi 4 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2516016
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantYAO NDOYE AVOCAT, (Y.N.A)

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. A... comme portée devant une juridiction manifestement incompétente. Le requérant contestait une décision de l’officier du ministère public relative au recouvrement d’une amende forfaitaire majorée. Le juge administratif a estimé que ces contestations, liées à la procédure pénale et aux poursuites en recouvrement, relèvent de la compétence exclusive de la juridiction judiciaire. Cette solution s’appuie sur les articles 521, 529-2, 530-2 et 707-1 du code de procédure pénale, ainsi que sur l’article L. 213-6 du code de l’organisation judiciaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 septembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Yao, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 15 juillet 2025 par laquelle l’officier du ministère public a rejeté sa réclamation ;

2°) d’enjoindre au ministère public de suspendre les poursuites engagées à son encontre ;

3°) d’enjoindre au ministère public de lui communiquer l’ensemble des pièces de son dossier pénal.

Vu les pièces du dossier.

Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de l’organisation judiciaire ;
- le décret n° 64-1333 du 22 décembre 1964 relatif au recouvrement des amendes et condamnations pécuniaires par les comptables de la direction générale des finances publiques ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents des tribunaux administratifs peuvent, par ordonnance, « 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni convocation d’une audience.

2. En premier lieu, aux termes de l’article 521 du code de procédure pénale : « Le tribunal de police connaît des contraventions ». Aux termes de l’article 529-2 du même code : « (…) A défaut de paiement ou d’une requête présentée dans le délai de quarante-cinq jours, l’amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d’un titre rendu exécutoire par le ministère public. » Aux termes de l’article 530-2 de ce même code : « Les incidents contentieux relatifs à l’exécution du titre exécutoire et à la rectification des erreurs matérielles qu’il peut comporter sont déférés au tribunal de police, qui statue conformément aux dispositions de l’article 711. » Aux termes de l’article 707-1 des dispositions précitées : « Le ministère public et les parties poursuivent l’exécution de la sentence chacun en ce qui le concerne. / Néanmoins, les poursuites pour le recouvrement des amendes (…) sont faites au nom du procureur de la République par le comptable public compétent (…). »

3. En deuxième lieu, aux termes de l’article 6-1 du décret du 22 décembre 1964 modifié relatif au recouvrement des amendes et condamnations pécuniaires par les comptables de la direction générale des finances publiques : « Lorsque le débiteur d’amendes ou de condamnations pécuniaires ne s’est pas acquitté spontanément de sa dette dans le délai fixé par l’avertissement mentionné à l’article 5, ces amendes et condamnations peuvent également être recouvrées, (…) par voie de saisie administrative à tiers détenteur. Aux termes de l’article L. 213-6 du code de l’organisation judiciaire : « Le juge de l’exécution connaît, de manière exclusive, des difficultés relatives aux titres exécutoires et des contestations qui s’élèvent à l’occasion de l’exécution forcée, même si elles portent sur le fond du droit à moins qu'elles n'échappent à la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. (…). »

3. Il résulte des dispositions précitées que les contestations relatives au recouvrement d’une amende forfaitaire majorée, qui concernent la procédure pénale elle-même et les poursuites en recouvrement qui ne sont pas détachables de celle-ci, ressortissent à la compétence de la juridiction judiciaire. Il n’appartient pas davantage au juge administratif de connaître des conclusions tendant à contester l’imputabilité de l’infraction et le bien-fondé de la somme mise à la charge du requérant, laquelle relève, en vertu du caractère pénal de l’amende litigieuse, de la compétence du seul juge judiciaire. Par suite, la requête de M. A... doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître, en application des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Montreuil, le 4 novembre 2025.

La présidente du tribunal,


Signé

I. Dely


La République mande et ordonne au ministre d’Etat, garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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