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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2516499

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2516499

mardi 23 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2516499
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCLORIS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil a rejeté la requête de M. C... comme manifestement irrecevable. Le requérant demandait principalement au juge d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d'instruire sa demande de titre de séjour et de lui délivrer des documents provisoires. Le tribunal a rappelé que le juge administratif ne dispose pas d'un pouvoir général d'injonction à titre principal, mais seulement pour assurer l'exécution de ses propres décisions. En l'absence de décision administrative préalable attaquée et de moyen formulé, la demande d'injonction présentée à titre principal était irrecevable, en application des articles R. 222-1, R. 421-1 et L. 911-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 septembre 2025 et 15 octobre 2025, M. A... C... doit être regardé comme demandant au tribunal d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d’instruire sa demande de titre de séjour dans un délai raisonnable et de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou tout document permettant de régulariser sa situation dans l’attente d’une décision définitive.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, les premiers vice-présidents des tribunaux administratifs peuvent, par ordonnance, « rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». Cette procédure ne nécessite ni instruction contradictoire préalable, ni convocation d’une audience.

Aux termes de l’article R. 421-1 du code de justice administrative : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d’une somme d’argent, elle n’est recevable qu’après l’intervention de la décision prise par l’administration sur une demande préalablement formée devant elle (…) ». L’article L. 911-1 du même code dispose que : « Lorsque sa décision implique nécessairement qu’une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public prenne une mesure d’exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d’un délai d’exécution ».

Il résulte des dispositions précitées que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d’annulation d’une décision administrative ou à fin de condamnation de l’administration au paiement d’une indemnité et ne dispose pas de pouvoirs d’injonction à titre principal, mais seulement du pouvoir de prescrire à l’administration de prendre les mesures d’exécution nécessairement impliquées par une de ses décisions.

M. C... demande au tribunal d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis d’instruire sa demande de titre de séjour dans un délai raisonnable et de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou tout document permettant de régulariser sa situation dans l’attente d’une décision définitive, ce qui constitue des demandes d’injonction présentées à titre principal et à ce titre irrecevable. Par suite, la requête de M. C..., qui n’est en outre assortie d’aucun moyen explicitement formulé, est manifestement irrecevable. Elle doit être rejetée par une ordonnance prise en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C....



Fait à Montreuil, le 23 décembre 2025.



Le président de la 11e chambre,



M. B...


La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis, ou à tout autre préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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