LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2517487

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2517487

mercredi 22 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2517487
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLEMAIRE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par Mme B... pour suspendre le refus du préfet de la Seine-Saint-Denis de renouveler sa carte de résident "réfugiée". Le juge a rejeté la requête, estimant que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante ne démontrant pas une atteinte grave et immédiate à sa situation malgré la précarité alléguée. Aucun doute sérieux sur la légalité de la décision n'a été retenu, le préfet ayant valablement motivé son refus par l'absence de demande conforme de titre de séjour. Les textes appliqués sont les articles L. 521-1 du code de justice administrative et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 octobre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Lemaire, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 18 juillet 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler sa carte de résident portant la mention « réfugiée » ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis, d’une part, de lui délivrer le titre de séjour sollicité, dans le délai de quinze jours suivant la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation en vue de la délivrance du même titre, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte, d’autre part, de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de carte de résident ou une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative et, dans le cas où l'aide juridictionnelle lui serait accordée, de verser cette somme à Me Lemaire, au titre de ce même texte et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette avocate renonce à percevoir la part contributive de l’Etat.

Elle soutient que :
- la décision de clôture en litige, qui n’est pas fondée sur l’incomplétude de son dossier, mais repose sur une appréciation de fond, s’analyse comme une décision de refus de renouvellement de sa carte de résident, qui constitue une décision faisant grief ;
- en ce qui concerne l’urgence : elle est présumée s’agissant d’une demande de renouvellement de titre de séjour ; en outre, la décision en litige la place dans une situation de précarité administrative et financière, alors qu’elle est la mère de deux enfants ;
- en ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : cette décision est entachée d’un défaut d’identification et d’une incompétence de son signataire, ainsi que d’un défaut de motivation et d’une absence d’examen approfondi de sa situation ; elle est entachée d’erreur de fait en ce qu’elle relève qu’elle a présenté une demande de titre de voyage, alors que ce motif est contredit par les deux attestations de prolongation d’instruction qui lui ont été délivrées ; les articles L. 433-2, L. 424-1 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ont été méconnus ; elle méconnaît son droit à la vie privée et familiale, le principe de primauté de l’intérêt supérieur de l’enfant et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 17 octobre 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que l’urgence n’est pas établie et qu’il n’existe aucun doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :
- la pièce, enregistrée le 17 octobre 2025 à 15 h 54, produite par le préfet de la Seine-Saint-Denis ;
- le mémoire, enregistré le 17 octobre 2025 à 19 h 09, présenté par Mme B... ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 17 octobre 2025, à 15 h00, en présence de M. El Mamouni, greffier d’audience :
- le rapport de M. Charageat, juge des référés ;
- les observations de Me Lemaire, représentant Mme B..., qui soutient notamment que l’urgence est présumée et qu’en outre un délai déraisonnable qui a fait perdre des droits sociaux à la requérante s’est écoulé depuis le dépôt de la demande de titre de séjour, que, contrairement à ce que soutient le préfet, la requérante n’a pas demandé la délivrance d’un titre de voyage mais a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, ainsi que cela ressort des attestations délivrées et que le dossier déposé était complet ;
- et les observations de Me Floret, substituant Me Tomasi, représentant le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui soutient notamment que la requérante a sollicité la délivrance d’un titre de voyage au lieu d’un titre de séjour et qu’à la suite de la décision de clôture du 18 juillet 2025 elle s’est abstenue, en dépit de l’invitation qui lui a été faite, de déposer une demande conforme.

Les parties ont été informées à l’audience que la clôture de l’instruction était différée au 20 octobre 2025, à 12 h 00, en application de l’article R. 522-8 du code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».

2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre donnant droit au séjour, comme d’un retrait de celui-ci.

3. Mme B..., ressortissante érythréenne née le 15 mai 1987, était titulaire d’une carte de résident portant la mention « réfugiée » valable du 6 octobre 2014 au 5 octobre 2024, dont elle a sollicité le renouvellement par une demande déposée sur la plateforme de l’administration numérique des étrangers en France (ANEF) le 26 décembre 2024. Elle a été informée, par une notification du 18 juillet 2025, que cette demande de renouvellement de titre de séjour faisait l’objet d’une clôture au motif que le dossier qu’elle avait présenté comportait des erreurs en ce qu’elle avait indiqué pour motif « titre de voyage », alors que sa demande concerne un renouvellement de titre de séjour portant la mention « réfugiée ». Ainsi, la demande mentionnée ci-dessus déposée le 26 décembre 2024 a été enregistrée en tant que demande de renouvellement de titre de séjour, comme le révèle d’ailleurs l’attestation de prolongation valable du 26 décembre 2024 au 25 juin 2025, qui été délivrée à la requérante. Le préfet de la Seine-Saint-Denis justifie de manière suffisamment probante que la demande de titre de séjour déposée par Mme B... était entachée d’une contradiction dans son objet, qui faisait obstacle, en l’état, à son instruction, alors même que le dossier aurait été complet. Toutefois, l’attestation de prolongation d’instruction valable du 18 juillet 2025 au 17 octobre 2025 délivrée à la requérante, qui fait au demeurant référence à une demande de titre de séjour déposée le 18 juillet 2025, révèle que les services préfectoraux ont néanmoins décidé de poursuivre l’instruction de cette demande de titre, en dépit de la décision de clôture en litige. Dans ces conditions, cette décision de clôture ne peut être regardée comme une décision implicite de refus de renouvellement d’un titre de séjour. Par suite, les conclusions tendant à l’annulation d’une telle décision sont irrecevables.

4. S’il incombe au préfet de la Seine-Saint-Denis de mener jusqu’à son terme l’instruction de la demande de renouvellement de titre de séjour de Mme B..., le cas échéant, en délivrant à cette dernière une nouvelle attestation de prolongation d’instruction, il résulte de ce qui précède, sans qu’il y ait lieu d’accorder à la requérante l'aide juridictionnelle à titre provisoire, que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.






O R D O N N E :



Article 1er : la requête de Mme A... B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.

Fait à Montreuil, le 22 octobre 2025.

Le juge des référés,




D. Charageat

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606980

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante camerounaise, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Norvège, responsable de sa demande d'asile en vertu du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, le préfet ayant visé le règlement et indiqué que Mme B... détenait un visa norvégien périmé depuis moins de six mois. Il a également estimé que le préfet avait procédé à un examen particulier de sa situation, incluant sa vulnérabilité, et que les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation n'étaient pas fondés. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et des conclusions accessoires.

01/06/2026

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606981

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. C..., un ressortissant libyen, qui contestait le refus de l'OFII de lui accorder les conditions matérielles d'accueil pour demandeur d'asile. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, jugeant la décision suffisamment fondée en droit et en fait. Il a également estimé que l'OFII n'avait pas commis d'erreur de droit en refusant l'accueil au seul motif que M. C... avait présenté une demande de réexamen, et que le requérant n'avait pas démontré que sa vulnérabilité ou la dignité humaine avaient été méconnues. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 551-15, et la directive 2013/33/UE.

01/06/2026

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606983

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante burkinabée, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Belgique pour l'examen de sa demande d'asile. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a écarté les moyens tirés de la méconnaissance des articles 4, 5, 21 et 3 du règlement (UE) n°604/2013. La solution retenue confirme la légalité de la procédure de détermination de l'État responsable, fondée sur le visa délivré par les autorités belges.

01/06/2026

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606985

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. E..., ressortissant érythréen, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Suisse, pays responsable de l'examen de sa demande d'asile en application du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire, le défaut de motivation, la violation des droits à l'information et à l'entretien individuel, ainsi que l'existence de défaillances systémiques en Suisse. Il a jugé que la décision était suffisamment motivée et que la situation personnelle de l'intéressé ne justifiait pas l'application de la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement. En conséquence, la demande d'annulation et les conclusions accessoires ont été rejetées.

01/06/2026

← Retour aux décisions