Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme B... qui demandait, en urgence, l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. La requête était irrecevable car elle cumulait de manière confuse les fondements juridiques du référé suspension (article L. 521-1) et du référé mesure utile (article L. 521-3) du code de justice administrative. Le juge a estimé que ce mélange ne permettait pas de déterminer clairement le fondement de la saisine. En conséquence, l'ordonnance a été rendue sans instruction ni audience, conformément à l'article L. 522-3 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 octobre 2025, Mme A... B... demande au juge des référés d’ordonner en urgence au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder sans délai à l’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer tout document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour, dans un délai de quarante-huit à compter de la notification de la décision à intervenir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge des référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision ou de certains de ces effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article L. 521-3 : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».
2. En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
3. Il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, et notamment des articles L. 521-1, L. 521-3, L. 523-1 et R. 522-5, que les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles distinctes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article L. 521-3. Par suite, ces deux demandes ne peuvent, à peine d'irrecevabilité, être présentées simultanément dans une même requête.
4. La requête de Mme B..., qui est intitulée « requête en référé mesure-utile et référé suspension » et mêle les articles L. 521-1 et L. 521-3 du code de justice administrative, ne met pas le juge des référés en mesure de déterminer le fondement sur lequel il est saisi, et présente ainsi un caractère manifestement irrecevable.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée, selon la procédure régie par l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Montreuil, le 23 octobre 2025.
La juge des référés,
M. de Bouttemont
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.