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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2517997

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2517997

lundi 27 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2517997
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET TOMASI-DUMOULIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de titre de séjour présentée par une ressortissante congolaise. La requérante, qui détenait un titre de séjour "visiteur" ne l'autorisant pas à travailler, invoquait l'urgence en raison de la perte de son emploi. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour l'intéressée d'établir une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation, compte tenu de son absence de régularisation avant 2025 et de l'absence de justification d'une autorisation de travail antérieure. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 octobre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Koszczanski, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ou la mention « salarié » ;

2°) d’enjoindre à toute autorité administrative compétente de réexaminer sa situation et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans le délai d’un mois suivant la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l’urgence est caractérisée dès lors que le titre de séjour portant la mention « visiteur » qui lui a été délivré ne lui permet pas d’exercer une activité professionnelle et qu’elle a ainsi perdu son emploi, sans pouvoir obtenir son inscription auprès de France Travail, de sorte que la décision en litige porte gravement et immédiatement atteinte à son droit au travail et à son insertion professionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A..., ressortissante congolaise née le 12 avril 1975, a déposé le 2 juillet 2025 une demande de titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ou la mention « salarié ». Le préfet de la Seine-Saint-Denis lui a délivré un titre de séjour portant la mention « visiteur » valable du 13 août 2025 au 12 août 2026. Estimant que ce titre de séjour révèle une décision implicite de refus de titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » ou la mention « salarié », elle demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, à titre principal la suspension de l’exécution de cette décision implicite.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

3. L’urgence justifie la suspension de l’exécution d’un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Si Mme A... invoque les conséquences de la décision qu’elle conteste sur sa situation professionnelle, elle n’établit pas, par ses allégations, que celle-ci porterait atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à cette situation, alors notamment qu’elle déclare résider en France depuis l’année 2013, mais n’établit pas avoir entrepris de régulariser sa situation avant l’année 2025, ni ne justifie avoir été autorisée à travailler en France avant l’intervention du jugement du tribunal administratif de Montreuil n° 2306678 en date du 2 mai 2025, dont elle se prévaut. Par suite, la condition d’urgence mentionnée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il suit de là, sans qu’il soit besoin se prononcer sur l’existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.





O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Montreuil, le 27 octobre 2025.


Le juge des référés,




D. Charageat


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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