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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2518182

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2518182

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2518182
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a été saisi par Mme B... d’une demande d’injonction de relogement après que la commission de médiation DALO de la Seine-Saint-Denis l’a reconnue prioritaire et urgente le 19 février 2025. Constatant qu’aucune offre de logement adapté n’a été proposée dans les délais légaux, le magistrat désigné a ordonné au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de la requérante et de ses enfants. Cette injonction est assortie d’une astreinte de 600 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026, dont le produit est destiné au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement. La décision est fondée sur l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation.

Texte intégral

Le magistrat désignéVu la procédure suivante :

Par requête enregistrée le 14 octobre 2025, Mme A... B... demande au tribunal d’ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et capacités.

Elle soutient que, par décision du 19 février 2025 de la commission de médiation DALO de la Seine-Saint-Denis l’a reconnue prioritaire et devant être relogée d’urgence. Aucun logement adapté n’a été proposé dans le délai imparti.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de la construction et de l’habitation ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 778-1 du code de justice administrative.

En application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, les parties ont été informées de l’absence d’audience et de la clôture de l’instruction.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. (…) Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. Le montant de cette astreinte est déterminé en fonction du loyer moyen du type de logement considéré comme adapté aux besoins du demandeur par la commission de médiation. Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. (…) ».

2. Par décision du 19 février 2025 de la commission de médiation DALO de la Seine-Saint-Denis a reconnu la priorité et l’urgence du relogement de la requérante, au motif qu’elle occupe un logement indécent et avec une personne handicapée ou mineure à charge. Cette décision vaut pour quatre personnes. Il résulte de l’instruction que sa situation n’a pas évolué. Aucun logement adapté n’a été proposé dans le délai imparti.

3. En conséquence, il y a lieu d’enjoindre au préfet de pourvoir au relogement ou à l’hébergement de Mme B... sous une astreinte destinée au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement devant être fixée à 600 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026.


ORDONNE :


Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme B... et de ses enfants sous une astreinte destinée au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement de 600 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026.

Article 2 : Les sommes dues en exécution de l’article 1er doivent être versées jusqu’à l’ordonnance de liquidation définitive.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B..., au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre de la ville et du logement.


Fait à Montreuil, le 4 décembre 2025.


Le magistrat désigné,




J.-F. Baffray



La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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