Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a été saisi par Mme A... B..., reconnue prioritaire et devant être logée d'urgence par la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis le 5 février 2025. Constatant qu'aucune offre de logement adaptée ne lui avait été faite dans les délais légaux, le magistrat désigné a ordonné au préfet de la Seine-Saint-Denis d'assurer son logement ainsi que celui de son enfant. Cette injonction est assortie d'une astreinte de 550 euros par mois de retard, à compter du 1er février 2026, dont le produit est versé au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. La demande de frais de justice présentée par la requérante a été rejetée.
Texte intégral
Le magistrat désignéVu la procédure suivante :
Par requête enregistrée le 14 octobre 2025 Mme C... A... B... demande au tribunal d’ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui attribuer un logement correspondant à ses besoins sous astreinte de 800 euros par jour de retard et de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, par décision du 5 février 2025, elle a été reconnue prioritaire et devant être logée d’urgence par la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de la construction et de l’habitation ;
le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 778-1 du code de justice administrative.
En application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, les parties ont été informées de l’absence d’audience et de la clôture de l’instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. (…) Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. Le montant de cette astreinte est déterminé en fonction du loyer moyen du type de logement considéré comme adapté aux besoins du demandeur par la commission de médiation. Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. (…) ».
2. Par décision du 5 février 2025, Mme A... B... a été reconnue prioritaire et devant être logée d’urgence par la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis, au motif qu’elle est dépourvue de logement ou hébergée chez un tiers. Si la décision vaut pour une personne, elle a désormais un enfant à sa charge, né le 12 juin 2025. Il résulte de l’instruction que sa situation n’a pas autrement évolué et qu’aucune offre adaptée ne lui a été faite dans le délai imparti.
3. En conséquence, il y a lieu d’enjoindre au préfet de pourvoir au relogement ou à l’hébergement de Mme B..., sous une astreinte destinée au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement devant être fixée à 550 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026.
4. Enfin, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État la somme que demande Mme A... B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme A... B... et de son enfant sous une astreinte destinée au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement de 550 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026.
Article 2 : Les sommes dues en exécution de l’article 1er doivent être versées jusqu’à l’ordonnance de liquidation définitive.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A... B..., au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre de la ville et du logement.
Fait à Montreuil, le 4 décembre 2025.
Le magistrat désigné,
J.-F. Baffray
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.