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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2518227

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2518227

jeudi 6 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2518227
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDILLOARD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a été saisi par M. A..., ressortissant marocain, d’une demande de suspension de la décision implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis rejetant sa demande de titre de séjour. Le juge a constaté que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet avait convoqué le requérant pour renouveler son récépissé, ce qui attestait de la poursuite de l’instruction de sa demande. En conséquence, les conclusions à fin de suspension et d’injonction ont perdu leur objet, et il a été prononcé un non-lieu à statuer. L’État a été condamné à verser 500 euros à l’avocat de M. A... au titre des frais de justice, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 octobre 2025, M. B... A..., représenté par Me Dilloard, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande tendant à la délivrance d’un titre de séjour ;

3°) d’enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 500 euros par mois de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Dilloard, son avocat, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, en cas de non admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle, de lui verser cette même somme sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 4 novembre 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis, représenté par Me Tomasi, conclut à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au non-lieu à statuer et, en tout état de cause, à son rejet au fond.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge des référés.

Après avoir convoqué à une audience publique, d’une part, M. A... et, d’autre part, le préfet de la Seine-Saint-Denis.

Les parties ont été informées de la radiation de l’affaire du rôle de l’audience publique du 6 novembre 2025.

Considérant ce qui suit :

Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :

1. Le premier alinéa de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 dispose que « dans les cas d'urgence (…), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée (…) par la juridiction compétente (…) ».

2. Au cas particulier, eu égard à l’urgence qui s’attache à ce qu’il soit statué sur sa requête, il y a lieu d’admettre, à titre provisoire, M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».

4. M. A..., ressortissant marocain né le 28 décembre 1954, entré en France en 1999, a séjourné sous couvert d’un titre de séjour spécial délivré par le ministre des affaires étrangères. A sa retraite, il a sollicité le 4 novembre 2022 la délivrance d’un titre de séjour au titre de la vie privée et familiale. Il a été mis en possession à partir de cette date de récépissés de demande de premier titre de séjour, dont le dernier a été valable du 19 mars 2025 au 18 juin 2025. En l’absence de renouvellement, il demande la suspension de l’exécution de la décision par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté sa demande et à ce qu’il soit enjoint à ce dernier de procéder, sous astreinte, au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois.

5. Il est constant que postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de la Seine-Saint-Denis a convoqué le requérant le 19 novembre 2025 pour le renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour. Ce document, qui a pour objet de lui permettre de séjourner en France, atteste de la poursuite de l’instruction de sa demande par le préfet, qui indique que le traitement de la demande est priorisé. Dans ces conditions, les conclusions à fin de suspension de la décision implicite contestée, qui n’ont d’autre finalité que d’entraîner le réexamen de sa demande et la délivrance, dans l’attente, d’un document provisoire l’autorisant à séjourner en France, doivent être regardées, dans les circonstances de l’espèce, comme ayant perdu leur objet. Il s’ensuit qu’il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension et d’injonction de la requête de M. A....


Sur les conclusions au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

6. M. A... a été provisoirement admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 500 euros, qui sera versée à Me Dilloard sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d’aide juridictionnelle, ladite somme sera versée à M. A....


O R D O N N E :


Article 1er : M. A... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension d’exécution et d’injonction de la requête de M. A....

Article 3 : L’Etat versera à Me Dilloard une somme de 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d’aide juridictionnelle, ladite somme sera versée à M. A....

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Dilloard et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.


Fait à Montreuil, le 6 novembre 2025.


La juge des référés,



M. de Bouttemont


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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