Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête de Mme B..., qui demandait une injonction au recteur de l’académie de Créteil pour l’affectation d’une aide humaine à sa fille handicapée. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions tendant à l’annulation d’une décision administrative, comme l’exige l’article R. 421-1 du code de justice administrative. Le juge a rappelé qu’il ne peut prononcer d’injonctions en dehors des cas prévus par les articles L. 911-1 et suivants du même code. La décision a été prise sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 octobre 2025, Mme C... B..., agissant en qualité de représentante légale de sa fille mineure, Mme A... B..., doit être regardée comme demandant au tribunal d’enjoindre au recteur de l’académie de Créteil d’affecter à sa fille une aide humaine individualisée pour une durée hebdomadaire de vingt heures, conformément à la décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de la Seine-Saint-Denis du 1er juillet 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) /
4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».
Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. (…)». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ». Il résulte de ces dispositions que le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l’annulation d’une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l’administration est engagée.
Par la requête susvisée, qui ne constitue pas une demande de référé, Mme B... se borne à demander au tribunal d’enjoindre au recteur de l’académie de Créteil de prendre les mesures nécessaires pour que sa fille bénéficie d’une aide individuelle à hauteur de vingt heures par semaine, sans formuler aucune conclusion tendant à l’annulation d’une décision administrative, or, il n’appartient pas au juge de l’excès de pouvoir de faire œuvre d’administrateur ni de prononcer des injonctions à l’égard de l’administration en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Ainsi, cette requête ne satisfait pas aux exigences résultant de l’article R. 421-1 du code de justice administrative et est, comme telle, irrecevable.
Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée en application du 4°) de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B....
Fait à Montreuil, le 11 décembre 2025.
Le président de la 8e chambre,
L. Gauchard
La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.