Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a été saisi par M. B... d’un recours pour excès de pouvoir visant à obtenir son relogement d’urgence. Le juge a constaté que la commission de médiation DALO avait reconnu le requérant comme prioritaire le 2 avril 2025, mais qu’aucune offre de logement adaptée ne lui avait été proposée dans les délais légaux. En application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, il a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au relogement de M. B... et de sa famille, sous astreinte de 750 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026.
Texte intégral
Le magistrat désignéVu la procédure suivante :
Par requête enregistrée le 14 octobre 2025 M. A... B... demande au tribunal d’ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et capacités.
Il soutient que, par décision de la commission de médiation DALO de la Seine-Saint-Denis en date du 2 avril 2025, il a été reconnu prioritaire et devant être logé en urgence. Aucun logement adapté ne lui a été proposé dans le délai imparti.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de la construction et de l’habitation ;
le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 778-1 du code de justice administrative.
En application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, les parties ont été informées de l’absence d’audience et de la clôture de l’instruction.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. (…) Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. Le montant de cette astreinte est déterminé en fonction du loyer moyen du type de logement considéré comme adapté aux besoins du demandeur par la commission de médiation. Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. (…) ».
2. La commission de médiation a, par une décision du 2 avril 2025, reconnu M. B... comme prioritaire et devant être logé en urgence avec sa famille, au motif d’une suroccupation d’un logement avec des enfants mineurs à charge et dans l’attente d’un logement social depuis un délai supérieur au délai fixé par arrêté préfectoral. Cette décision vaut pour sept personnes dont cinq enfants mineurs. Il résulte de l’instruction que sa situation n’a pas évolué, et est d’autant plus urgente que le propriétaire du logement actuellement occupé lui a donné congé pour le vendre, tandis qu’aucun logement adapté ne lui a été proposé depuis.
3. En conséquence, il y a lieu d’enjoindre au préfet de pourvoir au relogement de M. B... et sa famille sous une astreinte destinée au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement devant être fixée à 750 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026.
ORDONNE :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de M. B... et de sa famille sous une astreinte destinée au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement de 750 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026.
Article 2 : Les sommes dues en exécution de l’article 1er ci-dessus doivent être versées jusqu’à l’ordonnance de liquidation définitive.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B..., au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre de la ville et du logement.
Fait à Montreuil, le 4 décembre 2025.
Le magistrat désigné,
J.-F. Baffray
La République mande et ordonne à au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.