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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2518410

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2518410

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2518410
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a été saisi par Mme A..., reconnue prioritaire et devant être logée en urgence par la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis le 19 mars 2025, en raison de son handicap et de l'absence de logement adapté. Constatant qu'aucune offre de logement ne lui avait été faite, le tribunal a fait droit à sa demande sur le fondement de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Il a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d'assurer le logement de Mme A... dans un logement adapté à ses besoins et capacités, sous astreinte de 400 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026, payable au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête enregistrée le 16 octobre 2025, Mme B... A... demande au tribunal d’ordonner au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui attribuer un logement tenant compte de ses besoins et capacités.

Elle soutient que par décision du 19 mars 2025, la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis l’a reconnue prioritaire et devant être logée en urgence, et qu’elle n’a pas obtenu de logement depuis.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Baffray, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l’article R. 778-1 du code de justice administrative.

En application de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, les parties ont été informées de l’absence d’audience et de la clôture de l’instruction.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation : « Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. (…) Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. Le montant de cette astreinte est déterminé en fonction du loyer moyen du type de logement considéré comme adapté aux besoins du demandeur par la commission de médiation. Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. (…) ».

2. Par décision du 19 mars 2025, la commission de médiation de la Seine-Saint-Denis a désigné Mme A... comme prioritaire et devant être logée en urgence, au motif qu’elle est dépourvue de logement adapté à son handicapée. Cette décision vaut pour une personne. Il résulte de l’instruction qu’elle n’a pas reçu d’offre de logement et que sa situation n’a pas évolué depuis la décision.

3. En conséquence, il y a lieu d’enjoindre au préfet de pourvoir au logement de Mme A..., dans un logement adapté, notamment à son handicap, sous une astreinte destinée au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement devant être fixée à 400 euros par mois de retard à compter du 1er février 2026.


ORDONNE :


Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis d’assurer le logement de Mme A..., dans un logement correspondant à ses besoins et capacités, sous une astreinte destinée au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement de 400 euros par mois de retard à compter du 1ier février 2026.

Article 2 : Les sommes dues en exécution de l’article 1er ci-dessus doivent être versées jusqu’à l’ordonnance de liquidation définitive.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre de la ville et du logement.


Fait à Montreuil, le 4 décembre 2025.

Le magistrat désigné,




J.-F. Baffray


La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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