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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2518894

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2518894

mardi 18 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2518894
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantJEAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. B..., ressortissant haïtien, qui demandait une injonction de délivrance d’un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge constate qu’une décision implicite de rejet de sa demande est née du silence gardé par le préfet pendant quatre mois, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution de cette décision implicite, ce qui est prohibé par l’article L. 521-3. La requête est donc manifestement mal fondée et rejetée sans instruction préalable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me Jean, demande au juge des référés du Tribunal statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;

2°) d’enjoindre au préfet de Seine-Saint-Denis de le convoquer pour lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État le versement de la somme de 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Le requérant soutient que :
- la mesure sollicitée est urgente s’agissant d’un renouvellement, au regard du délai anormalement long depuis lequel il a présenté une demande de titre de séjour et compte tenu de sa situation personnelle et professionnelle ;
- elle est utile dès lors que la mesure sollicitée lui permettrait de séjourner régulièrement en France ;
- elle ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative ;
- elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C..., premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant haïtien, a présenté le 4 février 2025 une demande de renouvellement de son titre de séjour. M. B... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui en délivrer récépissé.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Aux termes de l’article L. 522-3 du code de justice administrative : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

Aux termes de l’article R.* 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ».

Il résulte de ces dispositions qu’une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour présentée par M. B... est née du silence gardé pendant quatre mois par le préfet sur sa demande de titre de séjour. Dès lors, la mesure sollicitée aurait manifestement pour effet de faire obstacle à l’exécution de cette décision implicite et ne saurait être prononcée par le juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... peut être rejetée selon la procédure régie par l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu’il y ait lieu de l’admettre au bénéfice provisoire de l’aide juridictionnelle.





O R D O N N E:


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.




Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Montreuil, le 18 novembre 2025.


Le juge des référés,






Sign
P. C...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


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