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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2519561

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2519561

vendredi 7 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2519561
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSULTAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A... qui demandait la suspension d’un arrêté préfectoral prolongeant de douze mois une interdiction de retour sur le territoire français. Le juge a estimé que la contestation de cette décision relevait d’une procédure contentieuse spécifique prévue par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, exclusive du référé suspension de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. En conséquence, les conclusions présentées sur ce fondement ont été jugées irrecevables et rejetées sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Sultan, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté en date du 8 octobre 2025 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a prolongé pour une durée de douze mois l’interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre le 10 mars 2023 jusqu’à la décision au fond ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. La procédure contentieuse applicable à la contestation d’une décision d’interdiction de retour sur le territoire français relève du régime applicable à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français qu’elle accompagne ou, lorsque la décision d’interdiction de retour est prise postérieurement à celle-ci, et en l’absence d’assignation à résidence ou de placement en rétention, de la procédure prévue par l’article L. 921-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Cette procédure est également applicable, en l’absence d’assignation à résidence ou de placement en rétention, à la contestation des décisions prolongeant les interdictions de retour, prises en application de l’article L. 612-11 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Cette procédure particulière est exclusive de celles prévues par le livre V du code de justice administrative. Par suite, les conclusions de M. A... tendant à la suspension de l’arrêté portant prolongation de l’interdiction de retour prise à son encontre, présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont irrecevables et doivent être rejetées.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Montreuil, le 7 novembre 2025.


La juge des référés,



M. de Bouttemont


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




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