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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2521460

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2521460

lundi 26 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2521460
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSAMBA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante ivoirienne, qui demandait d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer pour déposer une demande de titre de séjour « vie privée et familiale » et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas caractérisée, car Mme A... sollicitait un changement de statut et non un renouvellement de titre, et qu’elle n’apportait pas de précisions suffisantes sur sa situation personnelle et professionnelle pour justifier une urgence particulière. La décision applique les dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 novembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Samba, demande au juge des référés saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer à un rendez-vous aux fins de dépôt de sa demande de titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler dans un délai de quinze jours suivant la notification de l’ordonnance à intervenir et sous une astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’urgence de sa situation est avérée dès lors que sa situation administrative et professionnelle est incertaine du fait de l’absence de récépissé ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu’elle lui permettra d’obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer sa demande de titre de séjour ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Jauffret, vice-président pour statuer sur les demandes en référé.



Considérant ce qui suit :

Mme A..., ressortissante ivoirienne, est titulaire d’une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié » valable du 26 novembre 2024 au 25 novembre 2025. Les 29 octobre et 28 novembre 2025, elle a sollicité le changement de statut de son titre de séjour afin de se voir délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale ». Mme A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de la convoquer à un rendez-vous et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.


Sur les conclusions présentées au titre de l’article L.521-3 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable, même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles, sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France, et dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit que ces démarches sont demeurées vaines, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. La condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir la mesure sollicitée.

Mme A..., qui a bénéficié en dernier lieu d’une carte de séjour temporaire en qualité d’étudiante valable jusqu’au 25 novembre 2025, a déposé le 29 octobre 2025 sur la plateforme « démarches simplifiées », devenue « démarches numériques », une demande de titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale ». L’intéressé, qui demande la délivrance d’un nouveau titre de séjour sur un fondement différent, ne bénéficie pas de la présomption d’urgence applicable dans le cas d’une demande de renouvellement de titre de séjour. Pour justifier de l’urgence, elle fait valoir que l’absence de rendez-vous pour déposer sa demande de changement de statut l’empêche de voir sa demande de titre de séjour examinée, porte atteinte à son droit d’accès au service public, à son droit de mener une vie privée et familiale et à sa liberté d’aller et venir, et qu’elle ne peut signer de contrat de travail. Toutefois, elle ne fournit aucune précision sur la consistance de la vie privée et familiale dont elle se prévaut au titre de l’urgence. Par ailleurs, si elle produit un courriel de son employeur du 19 novembre 2025 exigeant un récépissé pour le renouvellement de son contrat à durée déterminée, elle ne donne aucune précision sur cet emploi. Dans ces conditions, les éléments produits par Mme A... ne permettent pas de caractériser l’urgence justifiant l’usage des pouvoirs que le juge des référés tient de l’article L. 521-3 précité du code de justice administrative.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.


O R D O N N E


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., au préfet de la Seine-Saint-Denis et au ministre de l’intérieur.


Fait à Montreuil, le 26 janvier 2026.



Le juge des référés




E. Jauffret

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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