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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2521677

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2521677

samedi 13 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2521677
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantHERVET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A... qui demandait la suspension d’un arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et l’obligeant à quitter le territoire. La requête a été jugée irrecevable car elle ne tendait pas à une mesure provisoire, comme l’exige l’article L. 511-1 du code de justice administrative. À titre subsidiaire, elle était également mal fondée, faute de motivation sur l’urgence ou l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la décision, conditions requises par l’article L. 521-1 du même code. La décision s’appuie sur les articles L. 511-1, L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Hervet, demande au juge des référés, statuant sur sa demande de « référé suspension », d’annuler l’arrêté du 5 novembre 2025 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de renouveler son titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a l’interdit le retour sur le territoire français.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.




Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 511-1 du code de justice administrative : « Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du même code : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522‑3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. D’une part, si pour le cas où l'ensemble des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont remplies, le juge des référés peut suspendre l'exécution d'une décision administrative et prescrire par la même décision juridictionnelle que l'auteur de la décision prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, de telles mesures doivent, ainsi que l'impose l'article L. 511-1 du même code, présenter un « caractère provisoire ». En l’espèce, la requête de M. A... doit être regardée comme tendant à ce que le juge des référés se prononce sur le fondement de l'article L. 521-1 précité. Par suite les conclusions susvisés, qui ne tendent pas à prononcer une mesure provisoire, sont en tout état de cause manifestement irrecevables.

3. D’autre part, à supposer même que la requête doive être regardée comme tendant à la suspension de l’exécution des décisions en litige, il est constant que celle-ci n’est pas motivée. Ainsi, M. A... ne justifie d’aucune des conditions relatives, l’une, à l’urgence, l’autre, à l’existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, posées à l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.




O R D O N N E :




Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Montreuil, le 13 décembre 2025.


Le juge des référés,




D. Charageat


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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