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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2521695

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2521695

vendredi 12 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2521695
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCREACH

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’obligation de quitter le territoire français et de l’interdiction de circulation d’un an prononcées par le préfet de l’Oise contre un ressortissant roumain. Le juge a estimé que la requête, fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative, était irrecevable car la contestation de ces décisions relève de la procédure spécifique prévue aux articles L. 614-1 à L. 614-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, exclusive du référé suspension. En conséquence, l’ordonnance rejette l’intégralité des conclusions, y compris celles relatives aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 décembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Créac’h, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de l’arrêté en date du 7 novembre 2025 par lequel le préfet de l’Oise lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français et prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français d’une durée d’un an ;

2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme de Bouttemont, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. Aux termes de l’article L. 251-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les décisions portant obligation de quitter le territoire français et les interdictions de circulation sur le territoire français prises en application du présent chapitre peuvent être contestées devant le tribunal administratif dans les conditions prévues aux articles L. 614-1 à L. 614-3. ».

3. M. B..., ressortissant roumain né le 10 décembre 1989, a fait l’objet d’un arrêté en date du 7 novembre 2025 par lequel le préfet de l’Oise a pris à son encontre une obligation de quitter sans délai le territoire français et prononcé une interdiction de circulation sur le territoire français d’une durée d’un an. Il demande au juge des référés la suspension de l’exécution de cette décision.

4. Il appartient à l’étranger qui entend contester une obligation de quitter le territoire français de saisir, selon sa situation, le juge administratif sur le fondement des dispositions des articles L. 614-1 à L. 614-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile d’une demande tendant à leur annulation, assortie le cas échéant de conclusions à fin d’injonction. Cette procédure particulière est exclusive de celles prévues par le livre V du code de justice administrative. Par suite, les conclusions de M. B... tendant à la suspension de l’arrêté portant obligation de quitter sans délai le territoire français et prononçant une interdiction de circulation sur le territoire français présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative sont irrecevables et doivent être rejetées.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Montreuil, le 12 décembre 2025.


La juge des référés,


M. de Bouttemont


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




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