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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2521720

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2521720

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2521720
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantJABOEUF

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête en référé suspension de Mme A..., ressortissante albanaise, qui contestait le refus implicite du préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour étudiant. Le juge a estimé que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'était pas remplie, faute pour la requérante de justifier d'une atteinte grave et immédiate à sa situation, le contrat d'apprentissage invoqué ayant été conclu postérieurement à la décision contestée. L'ordonnance écarte ainsi la présomption d'urgence applicable aux refus de renouvellement de titre de séjour, la demande portant sur une première délivrance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 décembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Jaboeuf, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision née le 9 août 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « étudiant » ;

2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa demande sans délai ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que l’urgence, qui est présumée, est caractérisée, au motif que la décision attaquée a des conséquences graves et immédiates sur sa situation, en ce qu’elle a pour effet de la placer en situation irrégulière à compter de la date de sa majorité et de l’empêcher de valider une année d’études supérieures dès lors qu’elle ne peut exécuter le contrat d’apprentissage qu’elle a conclu.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :

1. Mme A..., ressortissante albanaise née le 14 août 2007, a sollicité la délivrance d’un titre de séjour portant la mention « étudiant », par une demande déposée le 10 mai 2025 via le téléservice de l’administration numérique des étrangers en Frances (ANEF). Estimant que cette demande a été implicitement rejetée compte tenu du silence gardé par l’administration, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à titre principal de suspendre l’exécution de cette décision implicite.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

3. L’urgence justifie la suspension de l’exécution d’un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Mme A... se prévaut de l’urgence qui s’attacherait à la suspension sollicitée, eu égard aux conséquences de la décision qu’elle conteste, en particulier sur la poursuite de ses études. Toutefois, à supposer que la demande de titre de séjour mentionnée au point 1 ait été implicitement rejetée au terme d’un délai quatre-vingt-dix jours par application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la requérante ne justifie pas que cette décision préjudicierait de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation, alors au demeurant que celle-ci n’a pas eu pour effet d’interrompre une formation dans laquelle elle se serait engagée, le contrat d’apprentissage invoqué n’ayant à cet égard été conclu qu’en septembre 2025. Par suite, la condition d’urgence prévue par l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il s’ensuit, sans qu’il soit besoin de statuer sur sa recevabilité, ni de se prononcer sur l’existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, que cette requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Fait à Montreuil, le 15 décembre 2025.


Le juge des référés,




D. Charageat


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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