Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... qui demandait la modification d'une précédente ordonnance pour obtenir une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail. La requérante invoquait l'inexécution de l'ordonnance du 30 avril 2025, mais le juge a estimé que la demande portait sur un litige distinct, car l'ordonnance initiale n'avait pas enjoint la délivrance d'un tel document et avait été exécutée par la délivrance d'un récépissé valable jusqu'au 27 octobre 2025. La requête a été rejetée sans qu'il soit nécessaire d'accorder l'aide juridictionnelle.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 décembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Ben-Saadi, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
2°) de modifier l’article 3 de l’ordonnance n° 2505993 du 30 avril 2025 en enjoignant au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer, sans délai à compter de la notification de l’ordonnance du tribunal, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler durant le réexamen de sa demande de titre de séjour, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et, dans le cas où l'aide juridictionnelle lui serait accordée, de verser cette somme à Me Ben-Saadi, au titre des dispositions de ce texte et de celles de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que cette avocate renonce à percevoir la part contributive de l’Etat.
Elle soutient que l’urgence est caractérisée, sans qu’il puisse lui être reproché d’avoir contribué à la situation dans laquelle elle est placée, et qu’elle justifie d’un élément nouveau l’autorisant à saisir le juge des référés sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, eu égard à l’inexécution par le préfet de la Seine-Saint-Denis de l’ordonnance n° 2505993 du 30 avril 2025, dès lors que si le préfet a dans un premier temps exécuté cette ordonnance, ce n’est plus le cas depuis le 27 octobre 2025, date d’expiration du dernier récépissé qui lui a été délivré et dont elle n’a pu obtenir le renouvellement le 7 novembre 2025 lors du rendez-vous qui lui avait été fixé, faute d’avoir alors pu entrer dans les locaux de la préfecture compte tenu de l’affluence trop importante.
Vu :
- l’ordonnance n° 2505993 du 30 avril 2025 du juge des référés du tribunal administratif de Montreuil ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l’audience.
Le rapport de M. Charageat, juge des référés, a été entendu au cours de l’audience publique du 19 décembre 2025 à 14 heures 30, en présence de M. El Mamouni, greffier d’audience, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
Une note en délibérée, enregistrée le 19 décembre 2025 à 16 h51 a été présentée par le préfet de la Seine-Saint-Denis.
Une note en délibéré, enregistrée le 24 décembre 2025 a été présentée par Mme A....
Les parties ont été informées que la clôture de l’instruction était différée au 24 décembre 2025, à 18 h 00, en application de l’article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-4 du code de justice administrative : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d’un élément nouveau, modifier les mesures qu’il avait ordonnées ou y mettre fin ».
2. Si l’exécution d’une ordonnance prononçant la suspension d’une décision administrative sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative peut être recherchée dans les conditions définies par les articles L. 911-4 et L. 911-5 du même code, l’existence de cette voie de droit ne fait pas obstacle à ce qu’une personne intéressée demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-4 de ce code, de compléter la mesure de suspension demeurée sans effet par une injonction et une astreinte destinée à en assurer l’exécution.
3. Par l’ordonnance du 30 avril 2025 mentionnée ci-dessus, le juge des référés du tribunal administratif de Montreuil, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’une part, a ordonné la suspension de l’exécution de la décision refusant implicitement de délivrer un titre de séjour à Mme A..., d’autre part, ayant constaté que la requérante avait été convoquée par les services préfectoraux en vue du renouvellement de son récépissé, a enjoint à l’autorité préfectorale de réexaminer la situation de l’intéressée, au plus tard avant l’expiration de ce document provisoire de séjour. Le tribunal n’a ainsi pas enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de délivrer à la requérante un document provisoire de séjour. Au demeurant, il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’ordonnance mentionnée ci-dessus, ce préfet a délivré à Mme A... un récépissé valable jusqu’au 27 octobre 2025. Par conséquent, la demande tendant à ce que le juge des référés, après avoir constaté que le préfet de la Seine-Saint-Denis avait cessé d’exécuter l’ordonnance du 30 avril 2025 à compter du 27 octobre 2025, ordonne à ce préfet d’exécuter cette ordonnance en délivrant un nouveau document provisoire de séjour à la requérante soulève un litige distinct de l’exécution de cette décision. Par suite, sans qu’il y ait lieu d’accorder l'aide juridictionnelle demandée, la requête doit être rejetée, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis
Fait à Montreuil, le 27 décembre 2025.
Le juge des référés
D. Charageat
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.