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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2521961

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2521961

mercredi 14 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2521961
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLANGLOIS

Résumé IA

Cette décision du Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, concerne la demande de Mme A..., ressortissante algérienne, qui sollicitait un rendez-vous pour faire enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour et obtenir un récépissé l'autorisant à travailler. Le tribunal a fait droit à sa requête, considérant que la condition d'urgence était remplie en raison des difficultés de l'intéressée à trouver un stage pour valider son BTS, faute de justificatif de séjour, et que la mesure était utile et ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui communiquer une date de rendez-vous dans un délai de six semaines.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Langlois, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui remettre un récépissé l’autorisant à travailler dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la condition d’utilité est remplie ;
- la mesure demandée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.


La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis qui n’a pas produit d’observations en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme Deniel pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Mme B... A..., ressortissante algérienne né le 26 mai 2006, a sollicité la délivrance d’un titre de séjour le 25 juillet 2024 sur le site « démarches simplifiées ». Le 26 juin 2025, sa demande a été classée sans suite au motif qu’une nouvelle démarche a été mise en place pour le traitement des demandes d’admission exceptionnelle au séjour et qu’elle était invitée à soumettre une nouvelle demande qui serait traitée en priorité compte tenu de son ancienneté. L’intéressée a déposé, le 15 juillet 2025 une nouvelle demande sur le site « démarche numérique ». Elle demande au juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un rendez-vous afin d’enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui remettre un récépissé l’autorisant à travailler.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France, et dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit que ces démarches sont demeurées vaines, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. La condition d’urgence est en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir la mesure sollicitée.
5. Il résulte de l’instruction que Mme A..., entrée en France le 22 juin 2018 munie d’un visa et accompagnée de ses parents, a suivi sa scolarité en France et est inscrite au titre de l’année scolaire 2025-2026, en deuxième année de BTS « Analyse de biologie médicale ». Elle justifie qu’elle a l’obligation de réaliser un stage en laboratoire d’analyses médicales d’une durée de six semaines du 19 janvier au 27 février 2026 pour pouvoir valider sa candidature à la session 2026 de l’examen et que sa candidature à l’AP-HP a été rejetée au motif de l’absence de document autorisant son séjour en France. Elle soutient, sans être contredite par le préfet de la Seine-Saint-Denis qui n’a pas produit de mémoire en défense, qu’elle rencontre des difficultés à trouver un stage en l’absence de titre de séjour. Alors qu’elle a entrepris les démarches visant à régulariser son séjour dès le mois de juillet 2024, peu de temps après sa majorité, il ne lui a pas encore été attribué à ce jour une date de rendez-vous. Dans ces circonstances, la mesure sollicitée par la requérante, qui ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative, satisfait aux conditions d’urgence et d’utilité exigées par l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Cette mesure ne fait pas obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
6. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de communiquer à
Mme A... dans un délai de six semaines à compter de la notification de la présente ordonnance, une date de rendez-vous pour lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour et de lui remettre, sous réserve de la complétude de son dossier, d’un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler. Il n’y a toutefois pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte.
7. Enfin, il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Mme A... de la somme de 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1 : Il est enjoint au préfet de la Seine-Saint-Denis de communiquer à
Mme A... dans un délai de six semaines à compter de la notification de la présente ordonnance, une date de rendez-vous pour lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour et de lui remettre, sous réserve de la complétude de son dossier, d’un récépissé de demande de titre de séjour l’autorisant à travailler.

Article 2 : L’Etat versera à Mme A... une somme de 800 (huit cents) euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis.



Fait à Montreuil, le 14 janvier 2026.



La juge des référés,




C. Deniel

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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