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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2522041

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2522041

lundi 22 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2522041
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMEGHERBI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension d’un refus implicite de regroupement familial opposé par le préfet de la Seine-Saint-Denis à M. B... pour son épouse et leur enfant. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, car l’épouse résidait irrégulièrement en France depuis l’expiration de son visa touristique, et que la vie commune et la naissance de l’enfant ne suffisaient pas à caractériser une urgence justifiant une suspension. La requête a été rejetée sans examen au fond, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 décembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Megherbi, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution d’une décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé d’autoriser le regroupement familial de son épouse et leur enfant ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de procéder au réexamen de sa situation, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que la condition d’urgence est satisfaite dès lors que lui et son épouse ont eu un enfant né depuis le dépôt de sa demande de regroupement familial et compte tenu de l’atteinte à son intérêt supérieur et à leur droit à une vie privée et familiale.



Vu :
- la requête tendant à l’annulation de l’arrêté contesté, enregistrée le 8 décembre 2025 sous le numéro 2522059 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C..., premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.


Considérant ce qui suit :


1. Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Et aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (…), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».


2. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, et, l’urgence s’appréciant objectivement, compte tenu de l’ensemble des circonstances de chaque espèce, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.


3. Il résulte de l’instruction que l’épouse de M. B... réside irrégulièrement en France depuis l’expiration du visa touristique sous couvert duquel elle est entrée en mars 2024. Dans ces conditions, il ne saurait résulter de la seule circonstance que le couple partage depuis lors une vie commune et a donné naissance à un enfant une situation d’urgence justifiant que le juge des référés suspende le refus d’autorisation de regroupement familial que M. B... fait valoir s’être vu implicitement opposer.

4. Il résulte de ce qui précède que dès lors que la requête de M. B... ne présente pas un caractère urgent, elle peut être rejetée selon la procédure régie par l’article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.





O R D O N N E :




Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B....



Fait à Montreuil, le 22 décembre 2025.


Le juge des référés,




P C...




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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