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AccueilJurisprudence administrativeN° TA93-2522639

Tribunal Administratif de Montreuil — Décision N° TA93-2522639

lundi 29 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Montreuil
SectionTribunal Administratif de Montreuil
N° DossierTA93-2522639
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET TOMASI-DUMOULIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Montreuil, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de délivrance d’un certificat de résidence présentée par M. A..., ressortissant algérien, au titre de sa qualité de conjoint de français. Le juge a estimé que le requérant ne justifiait pas de circonstances particulières caractérisant une situation d’urgence, ni d’un moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, faute de pièces suffisantes à l’appui de sa requête. La solution retenue est le rejet de l’intégralité des conclusions, sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Yahiaoui, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision née le 20 avril 2025 par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis a implicitement refusé de lui délivrer un certificat de résidence au titre de sa qualité de conjoint de français ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa demande, dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision du tribunal et, dans l’attente de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec une autorisation de travail, dans un délai de quinze jours à compter de cette même notification, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- l’urgence est caractérisée dès lors que la décision attaquée, qui fait obstacle à ce qu’il justifie d’un droit au séjour et du droit de travailler, l’expose à une suspension de son contrat de travail, à un licenciement, à une situation de grande précarité financière et entraîne une dégradation de son état de santé ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, dès lors que celle-ci est dépourvue de motivation, qu’elle méconnaît l’article 6-2 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et qu’elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation familiale et professionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.



Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Charageat, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. L’urgence justifie la suspension de l’exécution d’un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

3. M. A..., ressortissant algérien, qui allègue avoir déposé auprès du préfet de la Seine-Saint-Denis une demande de titre de séjour au titre de sa qualité de conjoint d’une ressortissante française, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 20 avril 2025 par laquelle cette demande aurait été implicitement rejetée. Toutefois, il ne joint à sa requête aucune pièce susceptible d’étayer ses allégations. Dans ces conditions, d’une part, il ne justifie pas des circonstances particulières mentionnées au point 2 ni, dès lors, de la situation d’urgence prévue à l’article L. 521-1 précité, d’autre part, en l'état de l'instruction, aucun des moyens susvisés soulevés dans la requête n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. Il suit de là, sans qu’il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que celle-ci doit être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.






O R D O N N E :




Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Montreuil, le 29 décembre 2025.


Le juge des référés,




D. Charageat


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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